Elle énumère les trois perfections divines qui viennent d'éclater en sa faveur. D'abord la toute-puissance ; allusion à l'expression de l'ange, v. 35. Il s'agit d'un acte créateur tel qu'il ne s'en était produit aucun depuis la création du premier homme. La leçon du T. R. μεγαλεῖα répond à l'hébreu niphelaoth ; celle de quelques alexandrins, (μεγάλα, à l'hébreu guedoloth. La première est plus emphatique, et vient peut-être d'Actes.2.11. - La toute-puissance divine n'a pas agi uniquement comme force physique ; elle a été au service de la sainteté, Marie s'est sentie en contact avec cette perfection qui est l'essence même de Dieu. La sainteté, c'est l'élévation de Dieu au-dessus de toute imperfection, de toute souillure. - Le nom de Dieu est la révélation qu'il donne de lui-même, ce qui le fait reconnaître pour ce qu'il est. Ces manifestations qu'il donne de lui-même sont saintes comme lui-même. - Cette courte proposition ne dépend pas du ὅτι, parce que, qui régissait la précédente ; si on allègue le καί, et, qui les lie, il faut appliquer cette même raison au verset suivant, ce qui rendrait la phrase extrêmement lourde et traînante. - Ce trait de la sainteté est-ce qui distingue profondément l'incarnation du Christ de tous les faits analogues qui se rencontrent dans les mythologies païennes.
Verset 50. Une troisième perfection : la miséricorde. Marie a célébré la condescendance divine au v. 48, en rapport
avec le choix de sa propre personne. Elle parle ici de la miséricorde d'une manière plus générale, en vue de tous les pieux Israélites, ceux qui craignent Dieu, le vrai Israël ; comp. Ps.103.17. Les formes différentes du texte relatives aux générations à venir sont toutes trois des formes superlatives ayant le même sens : jusqu'aux générations les plus reculées. C'est le dor vador hébreu. - La strophe suivante forme le point culminant du cantique. Marie contemple la révolution profonde qui va résulter dans le monde de l'apparition de son fils.