Le διά, dans διήρχοντο (ils traversaient), a pour régime la contrée en général. Κατά, qui est distributif, fait ressortir l'exécution détaillée de la mission ; ils s'arrêtaient dans chaque bourgade. - Marc mentionne seul l'emploi de l'huile dans la guérison des malades, circonstance remarquable de laquelle est probablement provenu le précepte Jacq.5.14. - En outre Marc diffère des deux autres dans ces trois détails : deux à deux, v. 8 ; si ce n'est un bâton, v. 8 ; revêtir deux tuniques, v. 13. Chez Matthieu, l'attention de l'historien est tellement absorbée par le discours relatif à la mission que la mention du résultat est entièrement omise à la fin du ch. 10. Ces différences caractéristiques démontrent l'origine indépendante des trois récits.
Ce discours d'instruction si bref adressé aux Douze contraste avec le grand discours rapporté par Matthieu ch. 10, et Baur, fidèle à son idée fixe, prétend que Luc a voulu par là diminuer l'importance des apôtres, d'autant plus qu'il s'est plu à développer davantage le discours semblable adressé aux LXX disciples (ch. 10). « On le voit, dit Baur, en parlant du discours relatif aux Douze, chaque mot pour ainsi dire est de trop pour Luc » (Evang. p. 435). Mais 1. Nous avons vu que Luc a mis en relief le tableau de l'élection des Douze (6.12 et suiv.), comme ne l'ont fait ni Marc ni Matthieu qui ne mentionne pas même cet acte ! 2. Marc reproduit (6.8-10) notre discours d'instruction actuel absolument sous la même forme que Luc, et tout différemment de Matthieu ; ils le reproduisent donc simplement tous deux sous la forme où le leur fournissaient leurs sources propres. 3. Le discours placé ici par Matthieu a les mêmes caractères que tous les autres grands discours dans cet évangile. Il comprend des fragments d'enseignements très divers, chronologiquement parlant, mais tous en rapport avec le sujet de l'apostolat. C'est ce que constate Holtzmann (p. 183) : « Ce discours dépasse de beaucoup la situation actuelle et suppose des circonstances plus avancées ; » de même Bleek, Ewald, Hilgenfeld. La preuve évidente de ce caractère composite du discours de Matthieu ressort du fait que nous trouvons remis à leur place naturelle chez Luc tous ces éléments divers, réunis chez le premier pour former une instruction générale sur l'apostolat.
Gess a supposé que c'était pendant cette mission des Douze en Galilée que Jésus exécuta le voyage à la fête de Purim (Jean.5). Mais nous croyons avoir constaté dès longtemps en Galilée (⇒ ; ⇒ ; ⇒ ; ⇒) le contre-coup de ce grand conflit qui avait eu lieu à Jérusalem. L'intervention des scribes et des pharisiens de la capitale, dès le ch. 5, ne peut guères s'expliquer autrement.
4o Versets 7 à 9. Les craintes d'Hérode :