Καί, et, peut se rendre ici par : en un mot. Le cœur naturel dit, avec les rabbins : « Ce qui t'est désagréable, ne le fais pas au prochain. » Mais la charité seule dit selon le précepte de Jésus : « Tout ce que tu désires pour toi-même, fais-le au prochain. Traite en tout ton prochain comme un second toi-même. » Il est clair que Jésus ne veut parler que des désirs raisonnables et vraiment salutaires. Ses disciples sont censés n'en pouvoir former d'autres pour eux-mêmes. Dans Matthieu, ce précepte se trouve au ch. 7, vers la fin du discours, entre une exhortation à la prière et un appel à la conversion, par conséquent sans liaison naturelle avec ce qui suit et ce qui précède. Tholuck préfère, malgré cela, la place qu'il occupe dans Matthieu. Il envisage cette parole comme un résumé de tout le discours (p. 498). Mais n'est-il pas manifeste qu'elle se rattache plus naturellement à une série de préceptes sur la charité qu'à une exhortation à la prière ?
3o v. 32-35a. Le caractère propre du vrai amour, le désintéressement :