Ce verset 14 se rattache étroitement au v. 1 et sert à le compléter : Il partit du Jourdain (v. 1) pour retourner en Galilée (v. 14). Le séjour au désert avait été comme un arrêt, qui lui avait été imposé par l'Esprit, sur ce chemin. Le ἐν δυνάμει, avec la puissance, pourrait se traduire : par la puissance ; il signifierait que ce fut par l'impulsion du même Esprit qui l'avait poussé au désert, qu'il revint en Galilée. Mais il est plus naturel de ne pas borner à l'acte du retour cette action de l'Esprit et de l'appliquer à toute l'activité galiléenne dont le tableau va suivre ; c'est la reproduction de l'expression : rempli de l'Esprit : v. 1. Il revenait tout autre qu'il n'était allé ; car le baptême avait inauguré une nouvelle phase de sa vie terrestre. - Par cette puissance de l'Esprit Luc entend-il uniquement celle qui se déployait dans les prédications de Jésus, ou bien pense-t-il aux opérations miraculeuses ? Dans ce second cas il s'agit de miracles dont la tradition n'avait pas gardé le souvenir, tels que celui des noces de Cana rapporté par Jean seul. Le terme de puissance peut s'appliquer sans doute à la parole, mais il caractérise plutôt chez nos évangélistes le pouvoir miraculeux (v. 36 ; 5.17 ; 6.19, etc.) ; puis l'effet extraordinaire produit par cette première activité de Jésus (v. 14b et 15) s'explique mieux dans la seconde supposition (voir au v. 23). Meyer pense que les circonstances miraculeuses du baptême, que l'on se racontait, contribuaient à ce résultat. Elles pouvaient en effet, quoiqu'elles n'eussent eu que Jésus et Jean pour témoins, être connues par les disciples à qui Jean les aurait racontées. - Les synagogues dans les quelles Jésus exerçait ce ministère itinérant, étaient des salles de réunion qui existaient depuis le retour de l'exil, peut-être même, selon Bleek (d'après Ps.74.8), dès avant la captivité. Partout où se trouvait une population juive un peu nombreuse, ne fût-ce que d'une dizaine de familles, même en contrées païennes, il existait de pareils lieux de culte. On s'y réunissait le jour du sabbat et, de plus, le lundi et le jeudi, jours de tribunal et de marché. Les dignitaires (présidents de la synagogue, ἀρχισυνάγωγοι) siégeaient sur une estrade dressée au fond de la salle. Tout membre de l'assemblée avait le droit de parler ; il témoignait de son intention en se levant (v. 16). Mais comme tout enseignement reposait sur l'Ecriture, parler, c'était avant tout lire. La lecture finie, il enseignait ordinairement assis (v. 20), quelquefois aussi debout (Act.13.16).
Il ressort de Jean.2.12, comme aussi de notre v. 23 (comp. Matth.4.13), que Capernaüm fut déjà le point de départ de ces premières excursions galiléennes.
Verset 16. La lecture :