A l'indigence se joignaient, chez ce malheureux, la maladie, la souffrance.
- La porte du riche désigne, selon le terme original, la porte d'entrée, le portail, qui, dans les grandes maisons, conduisait à la cour intérieure. On y avait jeté le pauvre ; cette expression trahit l'insouciance des gens qui, après l'avoir déposé là, l'abandonnaient ainsi dans sa misère.
L'ambition du pauvre était bien modeste ; elle se bornait aux miettes qui tombaient de la table somptueuse du riche. Les lui donnait-on ? C'est ce que le texte ne dit pas, mais la phrase qui suit fait supposer le contraire ; non seulement on ne les lui donnait pas, mais même les chiens, etc.
Ce dernier trait achève de peindre la misérable situation de cet homme. Il indique que ses plaies n'étaient pas même bandées, et que ces animaux immondes (dans les idées de l'Orient), en venant les lécher, ajoutaient à ses douleurs.
Tel est bien le sens du contexte, et c'est par pure imagination qu'on a voulu attribuer à ces chiens plus d'humanité que n'en montraient les hommes.
- Une variante de Sin. et B, admise par Tischendorf et d'autres critiques, supprime les miettes ; on suppose que ces mots ont été empruntés à Matthieu 15.27, et que le texte original portait : désirant de se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les témoignages en faveur de leur authenticité sont nombreux et importants.