Maintenant ! Le départ du traître, sorti pour accomplir son œuvre de ténèbres, cause à Jésus un immense soulagement.
Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié.
Ce verbe au passé embrasse toute la vie écoulée du Sauveur jusqu'à ce moment, cette vie de renoncement, de souffrances, d'obéissance, de dévouement efficace, d'activité puissante, par laquelle le Fils de l'homme a été glorifié dans le cœur de ceux qui l'ont reconnu comme l'envoyé de Dieu. (Jean 11.4 ; 12.28, 2e note.)
Cette gloire qu'il a ainsi acquise par l'humilité et la charité resplendira encore de l'éclat le plus pur dans ses humiliations et ses souffrances, en Gethsémané et sur la croix, où il pourra s'écrier de sa voix mourante : Tout est accompli ! Son œuvre sera achevée, il aura sauvé un monde perdu.
- Mais par une telle vie Dieu a été glorifié en lui. La gloire de Dieu, ce sont ses perfections, sa Justice et sa sainteté, sa miséricorde et son amour ; jamais elles n'ont été manifestées d'une manière plus lumineuse qu'en Jésus-Christ, qui nous les révèle dans leur pleine harmonie.
- Or le sentiment profond d'avoir ainsi glorifié Dieu par sa parfaite obéissance (si Dieu a été glorifié en lui, mots omis dans Sin., B, C, D, Itala, mais qui, malgré ces témoignages, sont maintenus par Tischendorf, MM. Weiss et Godet) donne à Jésus la victorieuse assurance que Dieu aussi le glorifiera en lui-même, c'est-à-dire, l'admettra dans la gloire qui est son essence divine.
C'est ainsi que bientôt Jésus dira dans sa dernière prière : "Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire, et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût." (Jean 17.4,5)
Paul indique de même l'abaissement et l'obéissance du Sauveur comme le chemin qui l'a conduit à la gloire divine. (Philippiens 2.5-11 ; comparez Ephésiens 1.20-23) Et il le glorifiera bientôt (grec aussitôt), ajoute Jésus, faisant allusion à sa résurrection, qui sera le premier degré de sa glorification.
- Enfin, Jésus ne dit pas : le Fils de Dieu, mais le Fils de l'homme est glorifié (comparez sur ce terme Matthieu 8.20, note) ; car c'est comme Fils de l'homme, membre et chef de notre humanité qu'il a embrassée dans les étreintes de son amour pour la sauver, c'est comme Fils de l'homme qu'il a accompli son œuvre et qu'il est monté dans sa gloire. Et ainsi, il a rouvert à notre humanité sauvée le chemin de cette gloire.