Les mots ἐν τῇ ὁδῷ, en chemin, sont liés par Meyer, Weiss, Schanz, etc., à εἶπε, il dit. Mais il est plus naturel en soi et plus conforme au contexte de les rapporter à πορευομένων : « Comme déjà ils étaient en route. » Ces mots rappellent la situation établie par le v. 51 et servent à indiquer que le voyage annoncé s'accomplissait. Ce fut donc sans doute à des moments différents, mais peu après le départ, qu'eurent lieu les trois scènes. Luc dit : quelqu'un ; Matthieu, plus précis cette fois, dit : un scribe. On pourrait même conclure de l'expression dont se sert celui-ci, en passant au second entretien (Matt.8.21) : « un autre de ses disciples, » que ce scribe suivait déjà Jésus depuis un certain temps, comme auditeur permanent. Gagné par la vue de ses miracles et par la beauté de ses enseignements, il désirait maintenant s'attacher à lui définitivement ; mais il n'avait pas encore fait le compte de sa propre faiblesse comparée à la tâche à laquelle il pensait se consacrer. Jésus le connaissait mieux qu'il ne se connaissait lui-même (Jean.2.24-25). Cette expression : « où que tu t'en ailles, » l'a frappé ; car lui, il sait où il va et quel est le terme de ce voyage ! Il ne suffit pas pour le suivre jusque-là d'un moment d'enthousiasme ; il faut la mort à soi-même, le sacrifice de sa propre vie, dont Jésus a parlé 9.23. « Es-tu décidé à pousser jusque-là la dépense nécessaire pour élever la tour (14.28) ? Arrête-toi et réfléchis encore ! » - Le Fils de l'homme, le représentant normal de l'humanité, le vrai roi de la création, a, par un effet de l'état où le péché nous a réduits, un sort moins enviable que celui des animaux eux-mêmes dont les uns possèdent une demeure aérienne, les autres un gîte souterrain. M. Renan conclut de cette réponse que « la vie vagabonde de Jésus, d'abord pleine de charmes, commençait à lui peser. » Rien de moins découragé, au contraire, rien de plus viril que cette déclaration par laquelle il met cet homme à l'épreuve. - Il me paraît bien moins naturel de placer un tel entretien au moment d'une excursion de quelques heures qu'à celui où Jésus quittait définitivement la contrée.
2o Versets 59 et 60.