Jésus travaille à élever les apôtres à son propre niveau. L'expression : συγκαλεσάμενος, ayant convoqué, indique une assemblée solennelle ; elle dit plus que le terme προσκαλεῖσθαι, appeler à soi, de Marc et de Matthieu. Si la première expression se trouvait dans Matthieu et la seconde dans Luc, Baur, qui voit partout dans le récit de ce dernier l'intention de dénigrer les Douze, ne manquerait pas de tirer parti de cette différence.
Au point de vue juif, le pouvoir par excellence est celui de faire des miracles. C'est donc par là que Jésus commence : δύναμις, le pouvoir d'exécution ; ἐξουσία, l'autorité, qui en est la base ; les démons leur devront obéissance en raison de l'autorité et la leur rendront en vertu de la puissance. Ces deux termes sont opposés aux pratiques anxieuses et laborieuses des exorcistes. - Πάντα : tous les genres de maladie rentrant dans cette catégorie, mélancolie, violence, manie, etc. - Θεραπεύειν, de guérir, dépend soit de δύναμις et de ἐξουσία, soit de ἔδωκεν, il leur donna, ce qui vaut mieux ; car le terme d'ἐξουσία ne s'applique pas très bien aux maladies. - Mais les guérisons ne sont qu'un moyen destiné à appuyer le message. Le vrai but de la mission est indiqué v. 2. Il s'agit de faire sentir à tout le peuple galiléen la gravité du moment présent en lui annonçant l'avènement du royaume de Dieu depuis si longtemps attendu. Ce message, déjà préparé par celui de Jean-Baptiste, était simple. Il suffisait de raconter les faits de la vie de Jésus, de reproduire quelques-uns de ses enseignements, d'en expliquer la portée décisive et, comme conclusion, d'appeler tout le peuple à la repentance et à la foi. Quelle sensation ne devait pas produire une telle mission, surtout appuyée par des guérisons miraculeuses ! - D'après Marc, le Seigneur les envoya deux à deux, ce qui rappelle la répartition par paires, Act.1.13 (en partie) ; Matth.10.3-4.
2o Versets 3 à 5. L'instruction :