Après avoir ordonné à cet homme de se tenir là debout au milieu de l'assemblée (Marc et Luc), Jésus lui pose une question, comme pour faire de ce malade le sujet d'une démonstration théologique. Cette question est très habilement posée. Elle présente le bien omis, comme un mal commis. Il est clair qu'ainsi posée elle est résolue. Qui oserait soutenir que la prérogative du jour du sabbat est de pouvoir torturer et tuer impunément ? Cette question est un de ces traits de génie, ou plutôt une de ces inspirations du cœur qui nous apprennent à bien connaître Jésus. En vertu de sa compassion profonde, il sent peser sur lui la responsabilité de toutes les douleurs qu'il ne soulage pas. Mais, dira-t-on, n'aurait-il pas pu renvoyer la guérison au lendemain ? A cette objection Jésus eût sans doute répondu tout comme l'un de nous : Le lendemain ne m'appartient pas. - Le présent des alex. : Je vous demande, est plus ferme, plus direct que le futur du T. R. et convient mieux à la disposition d'esprit du Seigneur en ce moment. Par cette même raison je crois que le τί du T. R. doit être préféré au εί (si, est-ce que) des alex. qui a quelque chose de plus traînant et de plus lâche. Seulement il ne faut pas faire de ce τί l'objet de ἐπερωτῶ : « Je vous demande quelque chose, » mais le sujet de ἔξεστι : « Je vous demande : Qu'est-ce qui est permis de… ou de…, puisque dans ma position présente je dois faire l'un ou l'autre ? » - Matthieu place ici l'exemple de la brebis tombée dans un puits ; cet argument, comme nous le verrons, est mieux placé dans Luc (14.5-6).