D'après Matthieu.12.9, il est naturel de penser que ce sabbat était le même que le précédent. D'après Marc.3.1 (de nouveau dans une synagogue), c'était plutôt un autre sabbat. Dans Luc la question n'est pas douteuse. Luc d'ailleurs a une source particulière. C'est ce que prouve le caractère hébraïsant du style ἐγένετο… καὶ… καὶ… καὶ). - Le dessèchement de la main était une paralysie, due à cette absence des sucs vitaux vulgairement appelée le décroît. Dans Matthieu, les adversaires posent directement à Jésus la question de droit relative aux guérisons sabbatiques. C'est que, comme d'ordinaire, cet évangéliste condense le récit du fait pour courir à la parole de Jésus qui seule lui importe. Une telle interrogation en effet, prise à la lettre, est trop gauche pour être vraisemblable. Si les adversaires interrogent, c'est uniquement en suivant Jésus du regard et en observant ce qu'il va faire. Le présent θεραπεύει (Sinaït.) s'il guérit, se rapporte à la règle de conduite de Jésus ; le futur θεραπεύσει (Vatic.), s'il guérira, n'a trait qu'à sa conduite dans le cas actuel ; on déduira de là sa maxime. - Les rabbins ne permettaient un traitement médical le jour du sabbat que lorsqu'un retard pouvait compromettre la vie : Periculum vitæ tollit sabbatum. L'école la plus sévère, celle de Schammaï, allait jusqu'à défendre de consoler les malades ce jour-là (Schabbat, 12, 1).
En face de ce ténébreux espionnage qu'il discerne à l'instant, Jésus semble prendre plaisir à donner à l'œuvre qu'il va faire le plus d'éclat possible.