On se demande comment un homme en état, d'aliénation mentale et qui devait être considéré comme impur, pouvait se trouver dans la synagogue. C'était, sans doute la première fois que sa maladie éclatait ouvertement ; la présence et l'enseignement de Jésus avaient décidé la crise. - Dans l'expression : un esprit (un souffle) de démon impur, le mot esprit désigne l'influence, celui de démon impur l'être qui en est l'auteur (Apoc.16.14). - La crise violente qui se déclare subitement chez cet homme provient de la lutte entre les deux souffles contraires qui agissent sur lui. C'est ce qu'indique bien le contraste entre le terme d'impur et celui de saint de Dieu. Une puissance sainte exerçait sa pression sur l'âme du malheureux qui se sentait sous l'empire d'une puissance hostile à Dieu. - L'exclamation ἔα, ah ! pourrait être prise comme impératif du verbe ἐάω : Lâche-moi ! Mais il est plus simple d'y voir la particule exclamative usitée en grec pour exprimer une surprise mêlée de crainte. - La formule : Qu'y a-t-il entre nous et toi, est employée chez les Juifs, et aussi parfois chez les Grecs, pour dire : Qu'avons-nous à démêler ensemble ? Ici : Quel mal t'avons-nous fait pour que tu viennes nous troubler dans la jouissance de notre propriété ? Le pluriel nous ne désigne pas le démon et le possédé, puisque le second s'identifie avec le premier, mais tous les autres esprits malins qui sont parvenus, comme celui-ci, à s'emparer d'un être humain. La perdition qu'il redoute, c'est d'être renvoyé dans l'abîme, où de tels esprits attendent le jugement (8.31 ; Matth.8.29). Cet abîme est le vide qu'éprouve une créature qui n'a aucun point d'appui en dehors d'elle, ni dans le monde matériel, comme les hommes doués d'un corps, ni en Dieu, comme les anges fidèles. En s'emparant d'un être humain, ils cherchent, à se mettre en contact avec les réalités sensibles. Dès qu'ils perdent cette position, il ne leur reste que le vide de leur propre subjectivité. - Comment cet être a-t-il reconnu Jésus ? Le terme saint de Dieu l'explique. L'antipathie n'est pas moins clairvoyante que la sympathie. L'une et l'autre font, aisément discerner en Jésus un être unique, exceptionnel. Le terme saint de Dieu est aussi employé par Pierre, Jean.6.69 (selon la vraie leçon). Dans l'A. T., il ne se trouve que Ps.106.16, où il désigne le grand-sacrificateur Aaron en raison de la sainteté de sa charge.