Cette apparition aux disciples, le soir du jour de la résurrection, est évidemment la même que celle que raconte Jean.20.19-23. Le ἔστη, fut là, indique une apparition subite, analogue à la disparition du v. 31 (ἄφαντος ἐγένετο). Le caractère miraculeux de cette venue est indiqué plus expressément encore dans le récit de Jean par ces mots : les portes étant fermées, qui ne supportent point l'explication d'après laquelle les portes, déjà fermées, se seraient ouvertes devant lui. Le trouble et la crainte qu'éprouvent les disciples supposent aussi un mode d'entrée subit et surnaturel. La salutation est la même dans les deux récits d'après le T. R. : La paix soit avec vous ! Mais il est probable que ces mots doivent être retranchés du texte de Luc. Car, lors même qu'ils ne manquent que dans les représentants de la leçon gréco-latine, la vraisemblance d'un emprunt au texte de Jean est si grande dans ce cas qu'il est plus prudent de les supprimer. Ce n'est pas le seul cas où le Cantabrigiensis, malgré ses grandes et, continuelles défectuosités, se trouve avoir conservé le vrai texte. Nous avons constaté dans le commentaire sur la 1re aux Corinthiens un cas de ce genre qui nous paraît, un exemple sans réplique (1Cor.9.10). - Le terme de πνεῦμα, esprit, désigne ici l'âme du mort revenant de l'Hadès et se présentant aux vivants sous une apparence visible, mais sans corps réel ; c'est ce que les anciens appelaient une ombre ou un fantôme (Matth.14.26) ; pour ce sens de πνεῦμα, comp. 1Pier.3.19, etc. C'était sans doute là le sens que Thomas donnait à l'apparition que ses condisciples lui racontaient.