Le trait rapporté v. 59 et 40 appartient à Luc seul et prouve qu'il possédait pour tout ce récit une source propre. Car cette source ne pouvait renfermer uniquement le petit trait suivant. - Les pharisiens s'étaient mêlés aux groupes afin d'épier ce qui se passait. Reconnaissant qu'ils n'ont plus l'autorité nécessaire pour imposer silence à la foule (Jean.12.19), ils recourent à Jésus lui-même pour le prier de faire la police dans son cortège. Ils sont révoltés de voir que, non content de se poser en prophète, il ose accepter publiquement un hommage messianique. Peut-être craignent-ils que cette scène ne soit envisagée comme un commencement de sédition par les Romains. La réponse de Jésus est d'une majesté terrifiante : « Quand je ferais taire toutes ces bouches, vous entendriez ces mêmes acclamations partir de ces pierres qui couvrent le sol ; car il est impossible qu'une apparition comme celle-ci ne soit, une fois au moins, saluée ici-bas comme elle mérite de l'être. » - L'expression employée paraît avoir eu quelque chose de proverbial (Hab.2.11). Stier a appliqué ce terme : les pierres, aux murailles du temple et des maisons de Jérusalem qui, en s'écroulant quarante ans plus tard, rendirent hommage à la royauté de Jésus. Mais ce n'est ici qu'une supposition dont il ne faut pas chercher la réalisation dans les faits, puisque les hommes ont fait leur office. Le futur antérieur κεκράξονται, dans le T. R., est fréquemment employé chez les LXX, et, comme ici, sans avoir la signification spéciale qui y est attachée dans le grec classique. La forme du futur simple est plus rare chez eux ; c'est peut-être une raison de préférer la leçon alexandrine.
3. Les pleurs de Jésus (19.41-44)