Par ce préambule qui peut être soit tiré de la source de Luc, soit aussi composé par Luc lui-même, nous sommes exactement orientés sur la situation morale des disciples à ce moment-là, car la parabole montre bien que c'est d'eux surtout qu'il s'agit. L'annonce répétée de ses souffrances prochaines ne les avait point guéris de leurs rêves de gloire imminente. Le αὐτῶν ne désigne donc ni les murmurants du v. 7, ni le peuple de Jéricho, comme le pense Reuss, mais les auditeurs les plus rapprochés de Jésus, ses partisans les plus enthousiastes. Le ταῦτα, ces choses, s'applique à tous les entretiens que Jésus avait eus avec ceux qui l'entouraient, sous le toit de Zachée, en particulier à l'idée de son œuvre messianique si clairement, renfermée dans ces expressions du v. 10 : Le Fils de l'homme… est venu… chercher et sauver. « Le salut est donc tout proche, se disait-on ; voilà le Sauveur paru et agissant. » Et ce salut, on se le représentait naturellement sous les couleurs sous lesquelles il avait toujours été dépeint. - Le mot παραχρῆμα, à l'instant, sur l'heure, est en tête ; car c'est dans ce mot que se concentre l'idée contre laquelle est dirigée la parabole. La forme προσθεὶς εἶπε se trouve chez Polybe ; voir Bleek ad. h. 1. Le terme ἀναφαίνεσθαι, apparaître, convient à l'idée d'un grand spectacle attendu. - L'enseignement suivant comprend deux tableaux : 1o celui du départ du maître et de l'épreuve imposée aux serviteurs durant son absence (v. 12 à 14) ; 2o celui de son retour et du jugement auquel aboutit l'épreuve (v. 15 à 27).
1o Versets 12 à 14. L'épreuve :