Jésus accepte cette apologie de Zachée, qui répond aux murmures de la foule ; et sans vouloir donner une valeur méritoire à ces restitutions et à ces aumônes extraordinaires, il déclare que Zachée est l'objet de la grâce divine aussi bien que peuvent l'être ceux qui l'accusent. Son entrée dans cette maison y apporte le salut. Il est bien évident que πρὸς αὐτόν, à lui, signifie ici : par rapport à lui ; car dans ce qui suit Jésus parle de lui à la troisième personne : Cette maison…, celui-ci. - Jésus, le salut vivant, reçu comme il l'est dans cette maison, y apporte par sa présence même ce bien céleste. Le καθότι, conformément à ce que, annonce la raison en vertu de laquelle Jésus affirme cela de Zachée et de sa maison. Malgré son état de péager et l'excommunication qui le frappe peut-être comme tel (non malgré sa qualité de païen, comme le pense Reuss), sa conduite en général (v. 8) et particulièrement son empressement à recevoir Jésus prouvent la réalité des sentiments théocratiques dont il est animé, le cœur réellement israélite qui bat chez lui. Le mot enfant d'Abraham n'est pris, ni exclusivement au sens spirituel, comme le pense Reuss, ni exclusivement au sens littéral ; il réunit les deux idées de la descendance physique et de la filiation morale du père des croyants. v. 10. Le γάρ, car, porte sur l'idée : salut a été accordé. - La parole qui clôt ce morceau est l'une de celles que Jésus a pu répéter en plus d'une occasion Matth.18.11).
Tout en constatant pour ce morceau une source araméenne. nous devons reconnaître avec Holtzmann. les traces du style propre de Luc (ἐκείνεης, v. 4 ; διαγογγύζειν, v. 7 ; καθότι, v. 9). Nous sommes ainsi conduits à l'idée que Luc a traduit lui-même en grec ce récit tiré d'un document araméen.
9. La parabole des mines (19.11-28)
A mesure qu'on approchait de Jérusalem, l'effervescence allait croissant dans le cercle des disciples et même dans la foule qui les accompagnait. On se représentait comme imminent le grand drame messianique si longtemps attendu. Jésus, comme toujours, travaille à réprimer cet élan charnel. Ce n'est pas au-devant d'un triomphe que marchent les siens ; ce qui les attend, c'est un temps prolongé de travail. La fidélité qu'ils déploieront durant cette époque d'épreuve sera la mesure de la part de gloire et de puissance qui leur sera accordée quand viendra réellement le jour du triomphe. Quant au peuple juif dans son ensemble, il sera, non glorifié, mais rejeté et détruit. Tel est le sens de l'enseignement suivant.
Verset 11. Le préambule :