Une fois tout le monde assis, Jésus remarque que les convives appartiennent en général à la classe élevée de la société. Là-dessus il adresse à son hôte une leçon de charité qu'il revêt, comme la précédente, de la forme gracieuse d'une recommandation d'intérêt bien entendu. Le μήποτε, de peur que (v. 12), est gai et presque plaisant : « Prends-y garde : la pareille à recevoir, c'est un malheur à éviter ! Car, une fois la rétribution reçue, c'en est fait de la rémunération future. » Jésus ne veut pas défendre de recevoir chez soi ceux qu'on aime. Il veut seulement dire : « En vue de la vie à venir, tu peux faire mieux encore. » Ce n'est pas sans dessein que Jésus met les amis avant les frères et les parents : il s'agit d'un banquet de plaisir. L'invitation des parents est plutôt affaire de devoir. - Ἀνάπηροι : ceux qui sont privés d'un sens ou d'un membre ; le plus souvent les aveugles ou les boiteux ; ici, où ces deux catégories sont indiquées à part, les estropiés en général. - En soi, le terme de résurrection des justes, v. 1 4, n'implique pas nécessairement la distinction entre deux résurrections successives, celle des justes d'abord, puis, après un intervalle, la résurrection générale. Cette expression peut signifier simplement : lorsque les justes ressusciteront, à l'inauguration du règne messianique. Mais, comme il paraît ressortir de Luc.20.35 que cette distinction était dans la pensée de Jésus (voir à ce passage), il est naturel d'expliquer également ici ce terme à ce point, de vue ; comp. 1Cor.15.23 ; Phil.3.11 ; Apoc.20.5-6. - Alors, selon la belle image employée par les prophètes, ce chacun sera assis sous sa vigne et sous son figuier, » et pourra rendre l'invitation à son bienfaiteur terrestre.
Versets 15 à 24. La parabole du grand festin.