A l'occasion de cette guérison, le chef de la synagogue, qui avait, charge de maintenir l'ordre, s'imagine devoir appliquer à Jésus le règlement sabbatique qui interdisait aux médecins pratiquants le traitement des malades. Seulement, n'osant s'en prendre à Jésus lui-même, c'est à la foule présente qu'il adresse son discours. Ce petit sermon est appelé une réponse ; c'est en effet la réponse à l'acte de Jésus.
Verset 15. Jésus relève ce reproche, qui l'atteint lui-même. Le nom de ὁ κύριος, le Seigneur, n'est donné que rarement à Jésus dans les narrations évangéliques, là seulement où éclate sa souveraineté ; comp. chez Luc.7.13 ; 10.1 ; 17.5, etc. - La vraie, leçon est certainement le pluriel : « Hypocrites ! » Cette allocution s'adresse à toute la caste pharisaïque à laquelle appartient cet homme.
Verset 16. La sévérité de cette apostrophe est justifiée par le contraste entre la largeur avec laquelle ils usent du statut sabbatique, quand il s'agit de leurs propres intérêts, même des moindres, et, la rigueur exagérée avec laquelle ils l'appliquent, quand il s'agit des intérêts de leurs prochains, même les plus graves ; et cela surtout dès que l'appréciation de la conduite de Jésus est en cause. Le Talmud permet expressément d'abreuver le bétail le jour du sabbat. Il y a ici une triple gradation : bœuf ou âne, et fille d'Abraham ; attaché à la crèche, et lié par Satan ; dix-huit ans de souffrances, et un jour de soif (pour l'animal). Dans ce dernier trait, dix-huit ans, s'exprime toute la sympathie de Jésus pour cette longue misère !