Γινώσκετε doit être pris comme indicatif plutôt que comme impératif. Cette connaissance supposée chez l'auditeur est le point d'appui de l'avertissement qui suit. L'application à faire est celle-ci : Si on connaissait l'heure de l'attaque, on pourrait dormir en l'attendant et se borner à se tenir prêt pour cette heure-là. Mais comme on ne la connaît pas, le seul moyen est d'être toujours prêt. - Ainsi, non seulement : « Veillez jusqu'au bout » (v. 36-38) ; mais : « Veillez sans fermer l'œil durant le temps d'attente. » - Il n'est pas impossible que la vraie place de cette parole soit celle que lui donne Matthieu.24.42-44), dans les discours eschatologiques ; Marc marche ici avec lui. - De toutes les paroles de Jésus, il n'en est pas dont l'influence se fasse autant sentir dans ses écrits du N. T. que celle-ci (1Thess.5.1-2 ; 2Pierre.3.10 ; Apoc.3.3 ; 16.15) ; elle avait retenti profondément dans le cœur des disciples. - Il résulte de cette déclaration que l'Eglise n'a point la tâche de fixer à l'avance ce moment indéterminable ; elle n'a autre chose à faire, en raison de son ignorance même, qu'à demeurer invariablement dans l'attente. Cette attitude est sa sûreté, sa vie, le principe de sa virginale pureté. Il est inutile de rappeler combien l'Eglise dans son ensemble s'est écartée de cet état normal.
4o Versets 41-53 : Aux apôtres.
Jésus venait de parler à tous les croyants ; à l'occasion d'une question de Pierre, il s'adresse maintenant particulièrement aux apôtres et leur rappelle la responsabilité spéciale qui s'attache pour eux à la perspective du retour du Maître (v. 41-46) ; après quoi il formule le principe général sur lequel reposera l'appréciation dont ses serviteurs seront l'objet (v. 47-48), et il leur rappelle la position critique qui va résulter pour eux de l'état nouveau qui se prépare (v. 49-58).
Versets 41 à 46. La parabole des deux intendants.