Jésus décrit ici l'influence délétère exercée sur l'esprit du peuple par le pharisaïsme ; c'est ce qu'il appelle ailleurs le levain des pharisiens. Il faut évidemment retrancher, d'après les alex., les mots : scribes et pharisiens hypocrites, du T. R., qui sont tirés de Matthieu. - D'après Nomb.19.10, le contact d'un sépulcre souillait pour huit jours, comme celui d'un cadavre. Ricn donc de plus facile que de se souiller en touchant du pied un tombeau à fleur de terre, de la présence duquel on ne se doute pas. Tel est le contact des pharisiens ; on croit avoir à faire à des saints ; on se livre en toute sécurité à leur influence, et l'on se trouve infecté de leur esprit d'orgueil et d'hypocrisie, contre lequel on ne s'était point mis en garde. Dans Matthieu.23.27, la même image se retrouve, mais avec une application toute différente. Un homme contemple avec satisfaction un tombeau bien bâti et blanchi, et l'admire. Mais quand il se dit : Là-dedans il n'y a que pourriture, il éprouve une impression tout opposée. Voilà ce qu'on ressent à la vue des pharisiens. - Autant il est impossible que ces deux textes soient empruntés au même document ou tirés l'un de l'autre, autant il est aisé de comprendre que dans la tradition orale l'application de l'image ait pu se faire de ces deux manières différentes.
2o Versets 45 à 54 : Aux scribes.
Une observation faite par un scribe imprime une tournure nouvelle à l'entretien. Les pharisiens étaient un parti religieux ; mais les scribes étaient une caste officielle. C'étaient les sages, les experts, qui découvraient dans la loi les prescriptions délicates, par exemple celle à laquelle faisait allusion le v. 42, et qui les livraient à la conscience des pieux observateurs. Ils jouaient le rôle de clergé directeur. La majorité d'entre eux paraît avoir appartenu au parti pharisien ; du moins nous n'en rencontrons que de tels dans le N. T. Mais leur position officielle leur donnait dans la théocratie une autorité supérieure à celle d'un simple parti. Ainsi s'explique l'exclamation de celui qui interrompt ici Jésus : « En parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi, les scribes, » ce qui constitue évidemment à ses yeux un délit bien plus grave que celui d'outrager les pharisiens. Dans sa réponse Jésus leur adresse, comme aux pharisiens, trois reproches ; il blâme chez eux : 1o l'intellectualisme religieux (v. 46) ; 2o le fanatisme persécuteur (v. 47-51) ; 3o l'influence pernicieuse exercée sur l'état religieux du peuple (v. 52). - Les v. 53 et 54 décrivent la fin du repas.
Versets 45 et 46. Le littéralisme :