L'esprit qui doit animer les disciples dans le cours de cette mission est celui de la confiance, et quant à leur sûreté personnelle (v. 2), et quant à leur entretien matériel (v. 3). Ils partent faibles et sans armes, pour s'adresser à des populations hostiles. Leur confiance doit reposer sur celui qui les envoie ; le ἐγώ (moi, je) des byz. dans ce contexte convient parfaitement. - Comme c'est lui, Jésus, qui se charge de les protéger, c'est lui aussi qui pourvoira à leurs besoins dans ce voyage pour lequel ils n'emportent ni provisions, ni vêtements : voir à 9.3. - Ὑποδήματα : des sandales de rechange ; cette restriction est exigée par le verbe βαστάζειν, porter un fardeau. - Les derniers mots indiquent-ils la hâte, comme 2Rois.4.29 ? Mais ce voyage de Jésus n'a rien de précipité. Ou veut-il par là les empêcher, comme on l'a pensé, de rechercher la faveur des hommes ? Mais, dans ce sens, les mots en chemin seraient oiseux. Hofmann pense que Jésus veut prévenir la distraction que leur causeraient de vaines conversations. Ce sens est plus rapproché de la vérité. Ils doivent voyager en hommes préoccupés d'un intérêt suprême et ne pas perdre leur temps en cérémonies inutiles ; on sait combien les salutations orientales sont compliquées et fastidieuses. C'est le foyer domestique qu'ils doivent chercher ; c'est là qu'ils trouveront la tranquillité nécessaire pour délivrer salutairement leur message. A cette idée se rattachent naturellement les recommandations suivantes sur la manière de remplir leur tâche. Et d'abord, la conduite à tenir là où on ne les repoussera pas : versets 5 à 9.