L'asyndeton entre ce verset et le précédent peut se rendre par cette forme emphatique : « C'est qu'aussi le Père aime… » La communication absolue de l'Esprit résulte de l'incomparable amour que le Père a pour le Fils. Ces mots sont comme l'écho de la divine allocution que Jean avait entendue au baptême : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » - Le terme ἀγαπᾷ, aime, est pris dans le sens absolu, comme les expressions a envoyé et les paroles. - Jésus s'était servi du terme de Fils, en parlant avec Nicodème, v. 15-18 ; le Psaume 2 l'appliquait déjà au Messie dans les v. 7-12 (où toute autre explication nous paraît insoutenable) ; Esaïe et Michée s'étaient exprimés d'une manière analogue (Esaïe 9.5 ; Michée 5.2-3) ; Jean lui-même l'avait entendu au baptême. Il n'est donc pas étonnant qu'il l'emploie ici. - De cet amour du Père découle le don de toutes choses. Quelques interprètes, partant du v. 34, ont appliqué cette expression uniquement aux dons spirituels, aux vertus du Saint-Esprit. Mais l'expression dans sa main ne convient pas à ce sens. Il y a plutôt gradation sur l'idée du v. 34 : « Non seulement l'Esprit, mais toutes choses. » Par l'Esprit, le Fils règne sur le cœur des croyants ; ce n'est pas assez ; le Père lui a donné de plus la souveraineté universelle pour qu'il puisse faire servir toutes choses au bien des siens. C'est exactement la pensée que Paul exprime Ephésiens 1.22 par cette tournure intraduisible : αὐτὸν ἔδωκεν κεφαλὴν ὑπὲρ πάντα τῇ ἐκκλησίᾳ. - La main est le symbole de la libre disposition. - Par là, Jean voulait dire : « Me plaindre d'être dépouillé par lui ? Mais il a droit à tout et peut tout prendre sans empiétement. » Et de là résulte l'application saisissante qu'il fait à ses disciples, en terminant, de la vérité qu'il vient de proclamer.