L'occasion du discours suivant fut une discussion provoquée par la concurrence des deux baptêmes voisins. Οὖν, donc, indique cette relation. - L'expression : de la part des disciples, montre que les disciples de Jean furent les provocateurs. - La leçon de la plupart des Mjj., Ἰουνδαίου, un Juif, au lieu de Ἰουδαίων, des Juifs, est généralement préférée aujourd'hui. Je l'accepte, sans pouvoir me convaincre entièrement de son authenticité. Le substantif Ἰουδαίου n'eût-il pas dû être accompagné de l'adjectif τινός ? Et une altercation avec un simple individu ignoré eût-elle mérité d'être si expressément signalée ? Trois des plus anciennes versions s'accordent en faveur de la leçon Ἰουδαίων, des Juifs. Le Sinaïticus lit aussi de cette manière. Les deux substantifs en ου, avant et après, pourraient avoir occasionné une faute. - Le sujet de la discussion fut le vrai mode de la purification. De laquelle ? Evidemment de celle qui devait préparer les Juifs au règne du Messie. Meyer pense que le Juif attribuait au baptême de Jésus une efficacité plus grande qu'à celui de Jean. Chrysostome, suivi par plusieurs, admet que le Juif s'était même déjà fait baptiser par les disciples de Jésus. Hofmann et Luthardt supposent au contraire, à cause du terme de Juif, qu'il appartenait au parti pharisien hostile et à Jésus et à Jean, et qu'il avait malignement raconté aux disciples de Jean les succès de Jésus. L'emploi de ce terme ne permet guère en effet de supposer à cet homme des sentiments bienveillants soit pour Jésus, soit pour Jean. Peut-être, aux disciples de Jean qui l'invitaient à se faire baptiser, en lui rappelant les promesses de l'A. T. (Ezéchiel 36.25, etc.), répondait-il ironiquement qu'on ne savait auquel aller : « Votre maître a commencé : en voici un second qui réussit mieux que lui ; lequel dit vrai des deux ? » La question était embarrassante. Les disciples de Jean se décidèrent à la soumettre à leur maître. Cette situation historique est trop bien déterminée pour avoir été inventée.