L'émotion de Jésus ne provient d'aucune impression personnelle, comme la crainte de la mort, la douleur de l'affection froissée ou la pitié pour le traître ; il y aurait, comme 12.27, le terme ψυχή, âme. Le régime τῷ πνεύματι, en son esprit, montre que cette émotion a son siège dans une région plus élevée que celle de la sensibilité naturelle, même la plus noble. C'est, comme 11.33,38, un saisissement de nature religieuse, une espèce d'effroi qu'éprouve son cœur pur au contact de l'instrument de ce crime satanique et à l'approche de son invisible auteur. Sur cette différence entre ψυχή, l'âme, et πνεῦμα, l'esprit, voir à 12.27. Les mots : ayant dit cela, rattachent étroitement cette émotion aux paroles précédentes, dans lesquelles Jésus avait deux fois fait allusion à la trahison de Judas ; le terme : il rendit témoignage, oppose la déclaration positive qui va suivre aux vagues indications des v. 10 et 18 ; le amen, amen caractérise la divine certitude de cette déclaration en face de la difficulté qu'il doit y avoir pour les apôtres à l'accepter. - Mais les apôtres (v. 22) doutent plutôt d'eux-mêmes et de leur propre cœur, que de la parole du Maître. « Est-ce moi ? » demandent-ils chacun, avec une humble docilité. Les synoptiques disent la même chose. D'après Matthieu 26.25, Judas lui-même adresse aussi à Jésus cette question. On a trouvé ce fait incroyable. Mais rester seul à se taire, quand tous interrogeaient ainsi, n'aurait-ce pas été se trahir ? Quant à la réponse de Jésus : « Tu l'as dit, » dans Matthieu 26.25, elle n'est en réalité que le sommaire de la scène suivante dans le récit de Jean ; c'est par l'acte raconté ici v. 26 que Jésus lui a fait cette réponse.