Le terme ἀναστάς, littéralement : s'étant levé, ne signifie pas qu'il se leva de son siège dans la synagogue, mais qu'il se mit en route ; comp. 1.39. - D'après Jean.1.45, Pierre était originaire de Bethsaïda, tandis que d'après notre passage il doit avoir habité Capernaüm Il pouvait s'être établi, en vue de son état, dans la grande ville. - On voit par ce passage que Jésus, en revenant de Judée, était rentré au sein de sa propre famille et avait renvoyé les jeunes gens qu'il avait ramenés avec lui, chacun dans la sienne ; comp. 5.1-11. - Pierre était marié ; car le terme de πενθερά, belle-mère, désigne la mère de la femme. Pour indiquer la belle-mère comme seconde femme du père, les Grecs ont un autre mot (μητρυϊα). Cette conclusion est confirmée par 1Cor.9.5. - Jésus était accompagné en ce moment, d'après Marc.1.29, de Simon, d'André, de Jacques et de Jean, quatre d'entre les jeunes Galiléens dont il avait fait la connaissance auprès de Jean-Baptiste en Judée. - Comme Hipocrate distinguait les maladies en grandes et petites et que Galien appliquait le premier de ces termes à une espèce particulière de fièvre, on a trouvé ici dans le mot μεγάλῳ un léger indice qui confirmerait le titre de médecin que Paul donne à Luc, Coloss.4.14. Mais il n'est point nécessaire de donner au mot μεγάς un sens technique. - Le sujet de ils prièrent est Pierre et sa femme. v. 39. Dans Matthieu.8.15 Jésus touche la malade, comme pour lui communiquer quelque chose (ἥψατο) ; dans Marc il la prend par la main (κρατήσας), comme pour la faire lever. Ici il se penche sur elle, pour se mettre en relation morale avec elle. Que dire de ces différences si l'un de ces récits était tiré de l'autre ou s'ils étaient puisés à la même source ? Le mot ἐπιτιμᾶν, proprement : tancer, n'implique pas nécessairement que Jésus personnifie la maladie. Il signifie souvent : parler d'un ton ferme, sévère, qui n'admet pas de résistance ; comp. Matth.8.26. - Le premier usage que fait la malade de ses forces recouvrées est de servir le repas à ses hôtes. Holtzmann trouve dans le pluriel αὐτοῖς, « elle les servit, » la preuve que le récit de Luc dépend de celui de Marc où il est parlé de plusieurs compagnons de Jésus. Mais, même si Jésus fût venu seul, Pierre ne devait-il pas manger avec lui ? Quelle après-midi que celle que l'on passa en ce jour-là sous ce toit !
Matthieu place ce fait beaucoup plus tard, après le sermon sur la montagne ; chez Marc il est placé à peu près comme chez Luc, seulement après la vocation des disciples qui suit ici (ch. 5).
Luc ne mentionne pas la présence d'André que nomme Marc. Pourquoi cela, s'il copie Marc ou le Marc primitif ? Holtzmann répond : parce qu'il n'est plus question d'André dans ce qui suit. Mais Marc ne parle pas non plus de lui dans les chapitres suivants.
3o v. 40 et 41 : Les guérisons durant la soirée.