La formule εἴπε δέ, or il dit, introduit, fréquemment une réflexion qu'énonce Jésus à l'occasion d'un fait particulier qui vient d'avoir lieu (5.36 ; Marc.2.27, etc.) ; Jésus se recueille, puis met le fait en question dans tout son jour par une remarque plus générale. C'est parce que Weiss n'a pas tenu compte du sens de cette locution, qu'il a supposé que la vraie continuation du discours de Jésus se trouve au v. 25 et que le v. 24 est une intercalation de Luc due à une réminiscence de Marc.6.4. - Jésus exprime cette idée que, si ses compatriotes le reçoivent de cette manière, cela est conforme à une expérience générale ; on devait s'y attendre. Personne n'a plus de peine à discerner le caractère exceptionnel d'un envoyé de Dieu que ceux qui ont vécu avec lui sur un pied de familiarité ; comp. Jean.4.44, où cette même loi est appliquée à tous les Galiléens en général.
Verset 25. Après les avoir mis en garde contre leur incrédulité en leur montrant le préjugé sur lequel elle repose, il leur en montre le danger. Le δέ me paraît être adversatif et le ἐπ’ ἀληθείας, en vérité, avoir quelque chose de menaçant : « Mais, je vous le dis sérieusement, prenez garde à ce que vous faites ! Si vous ne voulez pas de la guérison que je vous offre, ce seront d'autres qui en profiteront. » Il est clair qu'à ce moment le regard de Jésus s'étend de ses auditeurs actuels à Israël tout entier, dans sa relation avec les païens ; car le peuple entier court le même danger. - Des paroles de l'A. T. : ces années-ci (1Rois.17.1) et la troisième année (1Rois.18.1), on ne peut rigoureusement conclure qu'à une famine de deux ans et demi. Mais, comme le chiffre de trois ans et demi se retrouve Jacq.5.17, il devait appartenir à la tradition juive. Voici sans doute comment la subtilité des rabbins avait travaillé sur les données de l'A. T. pour arriver à ce chiffre qui, depuis la persécution d'Antiochus Epiphane, était devenu comme le symbole de la durée des calamités nationales (Dan.12.7). La privation de la première pluie devait avoir été précédée par les six mois ordinaires de la belle saison ; de plus, entre le retour de la pluie, après la sécheresse, et la première moisson devaient, s'être écoulés plusieurs mois, qui étaient encore des mois de famine. On arrivait ainsi au chiffre indiqué. - L'expression toute la terre désigne ici hyperboliquement la terre d'Israël avec les contrées avoisinantes.
Verset 26. Comp. 1Rois.17.9 et suiv. Le εἰ μή, si ce n'est, renferme une légère incorrection ; car cette veuve n'était pas une des veuves en Israël. La restriction ne porte en réalité que sur la notion de veuve en général, en faisant abstraction de la détermination en Israël ; comp. Matth.12.4 ; Gal.1.19, etc. - J'envisage la leçon alex. Σιδωνίας, du pays de Sidon, comme une correction de la leçon Σιδῶνος, justement parce que celle-ci paraît au premier coup d'œil moins correcte et qu'on l'a corrigée d'après les LXX, qui disent Σιδωνίας. Le sens est : « Sarepta (appartenant au district) de Sidon. »
Verset 27. Comp. 2Rois.5.14. - Sur εἰ μή, voir au verset précédent. Le passage 2Rois.7.3 montre combien la lèpre était fréquente en Israël. - Encore à cette heure, le peuple juif est sous le poids du jugement ici annoncé : il est privé des œuvres de grâce et de guérison spirituelle que son Messie accomplit chez les païens.
Versets 28 à 30. Conclusion :