L'imparfait προσεποιεῖτο, proprement : « il s'attribuait de…, » convient mieux peut-être que l'aoriste des alex. et anciens byz. Ce n'était pas là une feinte ; c'était une épreuve à laquelle il soumettait ses compagnons. Il aurait réellement continué et les aurait quittés sans s'être révélé à eux s'ils n'avaient exercé sur lui une espèce de contrainte pour le retenir. Il leur serait arrivé comme lorsque quelqu'un se contente d'une première bénédiction et néglige de réclamer la plénitude qui devait suivre ; comp. 2Rois.13.14-19. - La maison où ils entrèrent ensemble était-elle la demeure de l'un d'eux ?
Verset 30. Le verbe ἀνακλιθῆναι, se mettre à table, s'applique au repas ordinaire ; ni ce terme, ni les détails suivants ne font naître l'idée d'une sainte Cène. Agissant comme père de famille, Jésus prend le pain et rend grâces. La position de supériorité que lui avait donnée l'enseignement précédent, l'autorisait à prendre ici le rôle de père de famille. - L'expression διηνοίχθησαν, furent ouverts, est opposée au étaient retenus du v. 16. Elle indique une action divine qui détruisit l'effet des causes indiquées dans l'explication de ce verset. Assurément l'influence exercée sur leur cœur par l'entretien précédent et par l'action de grâces de Jésus, et la manière en laquelle il rompit et distribua le pain, préparèrent chez eux ce réveil du sens interne. Schleiermacher a expliqué les mots ἄφαντος ἐγένετο, dans ce sens : « Il s'éloigna sans être aperçu. » Mais l'évangéliste attribue évidemment à cette subite disparition un caractère surnaturel. Le corps ressuscité de Jésus n'était plus soumis aux mêmes conditions d'existence que durant sa vie précédente ; il obéissait plus librement à la volonté de l'esprit. Il faut se rappeler que, à proprement parler, Jésus n'était déjà plus avec eux (v. 44), et que le prodige consistait plutôt dans l'apparition que dans la disparition.
Versets 32 à 35. Conclusion historique :