L'intendant sera bientôt sans abri ; mais il connaît des gens qui ont des demeures. « Faisons-nous en donc, dit-il, des amis ; et quand je serai sans abri, il y aura des maisons ouvertes pour me recevoir. » Remarquez le chacun en particulier. Il les prend chacun à part. C'est une affaire peu honnête, à traiter en tête à tête. Ces débiteurs qu'il appelle à lui, sont des marchands qui viennent s'approvisionner chez lui, recevant la marchandise à crédit jusqu'à ce qu'ils l'aient vendue et puissent en acquitter le prix. Le bath, ou épha, avait une contenance de 20 litres (selon plusieurs, de 39 à 40 l). Si nous évaluons le litre d'huile à 7 €, les 100 baths valaient 14 000 ou 28 000 €, et la remise d'une moitié était un cadeau de 14 000 ou 7000 €. Le cor, ou chomer, était une mesure de contenance équivalente à 10 baths, soit à 200 litres (ou à 400 litres) ; c'était donc une remise de 2000 à 4000 litres, soit, en évaluant le litre de froment à 1 €, de 2000 à 4000 €. La remise de 20 cors était ainsi un don à peu près équivalent à celle des 5 baths et il n'y a pas lieu de supposer avec Hofmann que la différence de proportion était appropriée au degré de mauvaise foi que l'intendant supposait chez chaque marchand, ou, avec Gœbel, qu'il voulait montrer la pleine liberté avec laquelle il procédait et accroître ainsi la reconnaissance personnelle qu'ils lui devraient. J'avais moi-même supposé précédemment qu'il mesurait le degré de sa munificence à celui de leur reconnaissance présumée.
Il ressort du ἕνα ἕκαστον, un chacun, du v. 5, que les débiteurs étaient plus nombreux et que ces deux ne sont cités que comme exemples. Il en agit de même avec d'autres encore. - Ecris : non sur la lettre d'obligation en la corrigeant, ruse qui eût été facile à découvrir, mais en faisant, un nouveau billet. Par cette mesure l'intendant réussissait à se faire à lui-même des débiteurs de ceux de son maître et avec l'argent de celui-ci. Là était l'habileté. L'aumône est présentée ici sous la forme la plus piquante, comme l'emploi dans notre propre intérêt du bien de Dieu. Un riche appelle son débiteur pauvre et diminue de moitié la somme inscrite en reconnaissance de la dette. En agissant ainsi, il fait exactement à l'égard du bien de Dieu, qu'il détient encore momentanément, ce que l'intendant faisait à l'égard du bien de son maître, à cette différence près, qui change totalement la nature morale de l'acte, que le riche qui agit ainsi n'ignore pas qu'en le faisant il agit conformément à la pensée du divin propriétaire, tandis que l'intendant le faisait à son insu et sans son consentement. Ainsi ce qui est infidélité chez celui-ci se trouve être fidélité chez l'autre (v. 12). Rien de plus ingénieux d'un côté pour écarter toute idée de mérite de la bienfaisance, et de l'autre pour montrer ses excellentes conséquences dans la vie à venir, que le jour sous lequel Jésus la présente ici.
Verset 8. La louange du maître :