Ne pouvant rien obtenir pour son propre soulagement, le riche pense aux vivants auxquels il s'intéresse ; car il n'est point encore privé de toute affection naturelle. - Ces cinq frères ne peuvent représenter que les riches pharisiens qui vivent encore ici-bas dans la position privilégiée et brillante qui naguère était celle du riche. C'est là tout simplement l'idée renfermée dans cette image de la parenté : « Vous voilà, tels que vous serez dans peu, si vous ne changez ! » On a cru reconnaître, dans ces cinq frères, les cinq fils du grand-prêtre Anne. Jésus se serait-il abaissé à de pareilles personnalités ? cette allocution répétée avec insistance : père, v. 27, père Abraham, v. 30, continue à caractériser très clairement la confiance pharisaïque en la filiation charnelle. Le mot διαμαρτύρεσθαι, v. 28, ne signifie pas seulement déclarer, mais attester énergiquement de manière à faire pénétrer la vérité à travers les enveloppes d'une conscience endurcie (διά. Jésus fait allusion à cette soif de manifestations miraculeuses qu'il ne cessait de rencontrer chez ses adversaires, et qu'il se refusait à satisfaire. De telles exigences accusaient d'insuffisance les moyens réguliers de repentance que Dieu avait institués en Israël. Plusieurs interprètes, ne pouvant accorder quelque bon sentiment à un damné, ont attribué un but égoïste à cette prière du riche, il redoutait, selon eux, le moment où ses propres souffrances seraient aggravées par la vue de celles de ses frères. Mais cette crainte même ne supposerait-elle pas encore, chez lui, un reste d'amour ? Et pourquoi se le représenter destitué de tout sentiment humain ? Il n'est pas encore, nous l'avons vu, damné dans le sens absolu du mot. L'alliage égoïste que l'on peut chercher dans cette prière, c'est uniquement le désir de s'excuser lui-même, en faisant entendre que, s'il eût été suffisamment averti, il ne serait pas où il est. - Il est manifeste que dans la pensée de Jésus le jugement du riche, décrit ici, a lieu immédiatement après sa mort, puisque ses frères vivent encore ; preuve, d'un côté, que Jésus admet un jugement provisoire après la mort ; de l'autre, qu'il distingue ce jugement du jugement final et universel.
Verset 29. Cette parole oppose à la lecture superficielle et à l'étude scolastique des Ecritures eu Israël, la lecture et la méditation sérieuse qui conduit l'homme à la repentance, et par elle à la foi et au salut ; comp. Jean.5.38-39. - Le terme écouter est choisi en rapport avec les lectures synagogales (Rom.2.13).
Versets 30 et 31. L'insistance du riche :