L'édifice à construire est l'image de la vie chrétienne, envisagée de son côté positif : l'œuvre du salut dans le cœur et la vie du fidèle. Le terme de tour désigne une maison considérable, munie d'une tour, qui frappera nécessairement les regards. La vie chrétienne, quand elle est conséquente, est une apparition plus qu'ordinaire, qui ne peut manquer d'exciter l'attention. Mais bâtir coûte ; et l'œuvre une fois commencée, il faut l'achever sous peine d'être exposé à la risée publique. Il importe donc d'avoir fait son devis préalablement et accepté l'atteinte à son capital qui résultera d'un tel travail. Le capital est pour le croyant sa vie propre qu'il faudra dépenser tout entière pour aller jusqu'au bout au service de la sanctification. L'œuvre de Dieu ne se poursuit sérieusement, qu'en sacrifiant jour par jour une partie de ce qui constitue la fortune naturelle du cœur, en particulier les affections profondes rappelées v. 26. Avant donc de se mettre en évidence comme professant, il importe d'avoir bien pesé ces conséquences futures et d'être bien décidé à ne reculer devant aucune d'entre elles, à payer, si l'on peut ainsi dire, les notes jusqu'au bout. S'asseoir, calculer, sont les emblèmes des actes de profond recueillement et de sérieuse méditation qui doivent précéder une vraie profession. C'était précisément là ce que Jésus lui-même avait fait au désert. Qu'arrive-t-il quand cette, condition est négligée ? Après s'être énergiquement prononcé, le nouveau professant recule peu à peu devant les conséquences non prévues et non acceptées de la position qu'il venait de prendre. Il s'arrête effrayé devant le sacrifice de sa vie naturelle ; et par cette inconséquence il provoque le mépris et la raillerie du monde, qui retrouve l'un des siens chez celui qui s'était séparé de lui avec tant d'éclat. Rien ne nuit à l'Evangile comme ces rechutes notoires dues à des professions précipitées.
Versets 31 et 32. Le guerrier imprévoyant :