Le οὖν, donc, que lisent les alex., met en relation les paroles avec le fait qui vient de se passer. La puissance du royaume de Dieu dans l'humanité est la conclusion que Jésus tire de ce fait. - Il y a beaucoup de grâce et même de familiarité dans les deux questions par lesquelles Jésus introduit la parabole. Elles indiquent l'activité de l'esprit qui cherche dans la nature les analogies dont il a besoin. La première : « A quoi est semblable… ? » affirme l'existence de l'emblème cherché ; la seconde : « A quoi comparerai-je… » se rapporte à sa découverte. Marc introduit cette parabole par deux questions analogues, mais qui diffèrent trop de celles de Luc pour que l'on puisse penser à un procédé de copie. La tradition avait donc conservé le souvenir de cette manière de parler, tout en modifiant la teneur des questions. - Il faut probablement retrancher, avec les alex., du texte de Luc, aussi bien que de celui de Matthieu, l'épithète μέγα, grand, ajoutée au mot arbre. Jésus ne veut pas opposer un grand arbre à de petits, mais un vrai arbre à des plantes qui ne sont que des légumes. La moutarde, qui n'est chez nous qu'une simple fleur, atteint en Orient la grandeur d'un de nos arbres fruitiers. Ce qui est exceptionnel dans cette plante, c'est la disproportion entre la petitesse presque microscopique de la graine et la grandeur de cette tige ligneuse et ornée de branches[1]. Cette plante est ainsi le type frappant de la disproportion entre la petitesse du règne de Dieu à son origine, lorsqu'il était encore renfermé tout entier en l'humble personne de Jésus, et son épanouissement final quand il embrassera tous les peuples. La forme de la parabole est, comme le reconnaît Weiss, plus simple et plus primitive chez Luc que chez les deux autres.
La parabole du levain.
Notes
[1] Un botaniste nous assure qu'en Europe même, à Hyères, se trouve un moutardier (Sinapis Arvensis), qui, quoique de nature herbacée, quant à son fruit, atteint douze pieds de haut et a des branches fort étalées.