Cette parabole est propre à Luc. Holtzmann dit : « Tirée de Λ (Logia). » Mais pourquoi, dans ce cas, Matthieu l'aurait-il omise, lui qui, d'après ce critique, reproduit de Λ les versets précédents et les suivants (Matth.7.7-11) ? - Que l'on fasse, avec Hofmann et Keil, du v. 8 la réponse à une longue question (v. 5-7), ou que l'on envisage, avec les autres, ce v. 8 comme une principale sur laquelle s'appuient comme proposition conditionnelle et subordonnée les v. 5-7, peu importe. Il faut admettre dans les deux cas qu'avec les εἴπῃ des v. 5 et 7, il se fait un changement de construction en vertu duquel l'interrogation primitive : « Qui de vous aura un ami… ? » se transforme en se prolongeant en une proposition conditionnelle : « et qu'il lui dise… » Le ἐρεῖ, et il dira, du v. 5, dans l'Alexandrinus, etc., est une tentative de remédier à cette incorrection, mais une tentative qui échoue en arrivant au second εἴπῃ, celui du v. 7. La forme interrogative convenait mieux pour commencer ; car elle prend plus directement à partie l'auditeur, mais elle ne pouvait se prolonger trop longtemps ; de là le passage à la construction nouvelle. - L'image des trois pains ne doit pas s'expliquer au moyen de l'allégorie ; elle est appropriée à l'ensemble du tableau. Il faut un pain pour l'étranger, un pain pour l'hôte qui doit se mettre à table avec lui, et un troisième comme réserve. L'idée exprimée par là est tout simplement celle qui est rendue au v. 8 par le : « autant qu'il en a besoin, » celle de la pleine suffisance.