Ce pharisien avait probablement entendu le discours précédent. Il avait sans doute invité Jésus avec un certain nombre de ses propres collègues (v. 45 et 53) dans une intention malveillante. C'est là ce qui explique le ton de Jésus dès le commencement de la scène suivante. - Ἄριστον désigne le repas du matin, comme δεῖπνον le repas principal de la journée. Le sens de l'expression εἰσελθών est celui-ci : il s'assit sans cérémonie, tel qu'il était entré, par conséquent sans s'être lavé les mains et les pieds, comme on le faisait ordinairement avant le repas (Marc.7.2-4 ; Matth.15.1-3). Les pharisiens tenaient beaucoup à cet acte de purification dont les rabbins mettent l'omission au même rang que le péché de l'impureté. Jésus, remarquant la surprise de son hôte, en prend aussitôt occasion de stigmatiser la fausse dévotion pharisaïque et de montrer la terrible responsabilité dont se chargent ces hommes qui se sont faits les conducteurs du peuple. Il ne ménage rien ; car, après ce qui vient de se passer (v. 15), la guerre est ouvertement déclarée. Strauss, Holtzmann, Keim, etc., estiment que c'eût été une inconvenance de la part de Jésus de tenir dans la maison de son hôte le langage que Luc va lui prêter. Schleiermacher suppose, contrairement au texte, que la scène a eu lieu hors de la maison après le repas. Mais Weiss répond parfaitement que la conscience de sa mission constituait pour Jésus une obligation plus grave que le sentiment des devoirs sociaux. Le Seigneur signale aux pharisiens trois péchés qui gâtent aux yeux de Dieu toute leur apparente fidélité : 1o L'hypocrisie (v. 39-42) ; 2o l'esprit vaine de gloire (v. 43) ; 3o l'influence malfaisante que, par cette dévotion faussée, ils exercent sur le peuple entier (v. 44).
Versets 39 à 42. L'hypocrisie :