Cette femme avait-elle fait en sa personne ou dans celle de l'un des siens l'expérience de ces guérisons superficielles et passagères, que Jésus vient d'opposer à celles qu'il accomplit lui-même par le doigt de Dieu ? En tout cas elle a immédiatement saisi ce que nous ne pouvons aujourd'hui comprendre qu'au moyen de longues explications.
Dans sa réponse, Jésus ne nie pas, n'affirme pas ; il se borne à compléter et à rectifier. La relation terrestre avec lui n'a de prix qu'autant qu'elle est sanctifiée par l'amour de Dieu et de sa volonté. - La particule μενοῦν, traduite par plutôt, concède une certaine vérité à ce qui vient d'être dit (μέν), comme conséquence des faits mentionnés (οὖν), tout en y opposant fortement la vérité complète et réelle : « Oui, il y a lieu de se réjouir de ma naissance ; mais pour qui ? Pour quiconque se joint à moi pour travailler à l'accomplissement de la volonté divine ; pour toi-même si tu le fais, tout aussi bien que pour celle qui m'a porté et nourri. »
Reuss observe avec raison « que ce petit trait, d'ailleurs sans importance, porte au plus haut point le cachet de l'authenticité et de l'originalité et peut servir à prouver combien, dans la première communauté, les souvenirs traditionnels ont dû être riches et précis. » C'est ce dont nous sommes convaincu, et c'est précisément là ce qui fait que nous ne nous hâtons pas de recourir à des sources écrites communes, surtout lorsque, comme dans ce morceau si remarquable, elles nous forceraient à admettre que Luc, puisant à la même source que Matthieu, aurait entièrement détourné de son vrai sens un passage tel que celui de nos v. 24 et 25.
4o Versets 29 à 36 : Le second discours.
C'est ici la réponse à la demande d'un signe venant du ciel, v. 16. Strauss a révoqué en doute l'exactitude du récit de Luc par la raison que cette demande est bien moins malveillante que l'accusation à laquelle Jésus vient de répondre. Mais nous avons indiqué au v. 16 la relation étroite qui liait cette demande à l'accusation précédente. - Dans sa réplique, Jésus commence par annoncer le grand signe, le signe unique qui répondra en quelque manière à la demande qui lui est adressée (v. 29-32) ; puis il montre dans la seconde partie la pleine suffisance de la lumière maintenant accordée au peuple, si seulement il possédait l'organe moral apte à la percevoir (v. 33-36).
Versets 29 à 32 : L'unique signe du ciel.