Jésus, pour démontrer la fausseté de l'accusation intentée contre lui, commence par un appel au bon sens. - Ses accusateurs n'avaient pas osé lui exprimer à lui-même leur pensée ; ils se l'étaient communiquée entre eux, mais Jésus l'avait pénétrée. Dans Luc il cite un seul exemple, celui d'un Etat dans lequel règne la guerre civile et que la discorde conduit à sa ruine. Le καί suivant ne signifie pas : et aussi, comme si c'était ici un second exemple, mais : et ainsi ; la ruine des familles n'est que la conséquence de celle de l'ensemble. Autrement il devrait y avoir : « chaque maison divisée avec elle-même. » Il en est autrement, chez Marc, où la chute des maisons est un second exemple. Enfin Matthieu en indique un troisième, celui d'une ville.
Verset 18. L'empire de Satan est aussi (καί) soumis à la même loi. Or Satan ne peut vouloir provoquer sa propre ruine. Le ὅτι, puisque, dépend de la proposition sous-entendue : « Je dis cela. » Il y a de l'indignation dans cette forme. Jésus fait comprendre par là à ses interlocuteurs que, quoiqu'ils n'aient pas parlé tout haut, il a fort bien discerné leur pensée (v. 17 : connaissant leurs pensées). Cette forme frappante rappelle celle de Marc.3.30 : « Parce qu'ils disaient : Il a un esprit impur. » Les deux tournures analogues s'étaient fixées dans la tradition (voir v. 24 ; 12.41 ; 13.18, comparés avec les parallèles de Marc). La forme si différente montre bien dans tous ces cas-là que l'un des évangélistes n'a pas copié l'autre. - Cependant l'on pouvait répondre à Jésus que c'était là une ruse de Satan, qui ne chassait ses suppôts que pour accréditer d'autant mieux son représentant principal en Israël, comme à la guerre on sacrifie un poste particulier pour remporter une victoire générale. Si l'on eût fait à Jésus cette objection, il n'eût pas eu de peine à répondre. La réponse résulte du v. 20.
Après avoir prouvé que l'accusation est absurde, Jésus montre qu'elle est profondément injuste et qu'elle procède de pure malveillance :