La forme de la première phrase est hébraïque et dénote une source araméenne. Il est impossible d'entendre le αὐτός dans le sens que lui donne Weiss : seul, sans ses disciples. Il n'y aurait pas eu dans ce cas un service si considérable, διακονία πολλή (v. 40) ; et à qui Jésus parlait-il donc, lorsque Marie est venue s'asseoir pour l'entendre ? - On voit clairement que Marthe était la maîtresse de la maison. De Matth.26.6 et Marc.14.3 on a voulu conclure qu'elle était, la femme de Simon le lépreux, et qu'elle avait recueilli sa sœur Marie chez elle ; mais il est impossible de prouver que le souper raconté dans ces deux passages ait eu lieu chez Marthe et Lazare ; le récit de Jean.12.1-2 prouve même clairement le contraire. - Si on admet dans le texte, v. 39, comme je pense qu'il faut le faire, le mot ἥ, les mots ἥ καί ne peuvent signifier que laquelle aussi. Hofmann et Weiss entendent cette expression dans ce sens : non seulement elle écoutait, mais encore elle s'assit afin de mieux écouter. Mais dans ce cas le mot aussi ne devrait pas être rattaché à l'acte mentionné le premier, celui de s'asseoir. Il vaut donc mieux expliquer ainsi : Marie avait commencé par servir ; seulement elle comprit qu'à ce service matériel il y avait des bornes et qu'avec un pareil hôte il y avait mieux à faire que de servir ; c'est de se laisser servir. C'est pourquoi elle vint aussi (après avoir servi) s'asseoir pour écouter. Comp. le κατέλιπεν, v. 40. - Jésus étant à demi couché sur le divan, les pieds étendus en arrière, c'était derrière lui qu'elle avait pris place (7.38). Le verbe περιεσπᾶτο, elle était tirée de côté et d'autre, indique un état à la fois extérieur et moral. - L'aoriste ἐπιστᾶσα avec δέ, indique un changement subit d'attitude : Survenant et se tenant là, à la vue de Jésus et de sa sœur qui l'écoute avec bonheur, Marthe prend une pose hardie, et son reproche s'adresse à Jésus lui-même : Ne te soucie-t-il pas ? comme s'il y avait de la partialité dans son fait. L'expression dont elle se sert : κατέλιπεν, elle m'a laissée (cette leçon est préférable à l'imparfait κατέλειπε), laisse entendre cependant que Marie avait jusqu'alors pris part au service. Dans le composé συναντιλαμβανέσθαι sont renfermées les trois idées : se charger d'un fardeau (le moyen) pour un autre (ἀντί) et en le partageant avec lui (σύν).
Versets 41 et 42. La réponse de Jésus :