Pour faire contraste, Jésus choisit un Samaritain, un membre de ce peuple demi-païen, séparé des Juifs par une vieille haine nationale. Là où les prêtres ignorent, où le scribe discute encore, ce cœur simple et droit voit clair du premier coup-d'œil. Son prochain, c'est l'être humain, quel qu'il soit, dont Dieu le rapproche et qui a besoin de son secours. Le terme ὁδεύων, qui était, en voyage, rappelle qu'il eût pu facilement se croire dispensé du devoir de la miséricorde envers ce non compatriote. - Dans chaque détail de ce tableau, v. 34, se trahit le sentiment de la plus tendre compassion (ἐσπλαγχνισθη). - L'huile et le vin faisaient toujours partie des provisions de voyage. - On voit par ce qui suit que πανδοχεῖον désigne, non pas un simple caravansérail, mais une vraie hôtellerie où l'on était reçu contre paiement. - Ἐπί, v. 35, doit s'entendre comme Act.3.1 : vers le lendemain, c'est-à-dire au point, du jour. Le terme ἐξελθών, étant sorti, nous le fait voir déjà à cheval, prêt à partir. Ce mot est omis, sans doute à tort, par les alex. - Deux deniers équivalaient à deux journées de travail. - Après avoir amené le blessé jusqu'à l'hôtellerie, il eût pu s'envisager comme déchargé de toute responsabilité à l'égard de cet homme et le remettre aux soins de ses propres compatriotes, en leur disant : « C'est votre prochain plutôt que le mien. » Mais la compassion, qui l'a poussé à commencer, l'oblige à finir. - Quel chef-d'œuvre que ce tableau ! Quel peintre que son auteur ! Quel narrateur que celui qui nous l'a transmis ainsi, évidemment dans toute sa fraîcheur primitive !
3o Versets 36 et 37 : La conclusion de l'entretien.