La transition μετὰ ταῦτα, après ces choses, est familière à Jean (5.1 ; 6.1 ; 7.1, etc.). Elle sert à relier l'appendice à l'évangile et spécialement au récit de la dernière apparition, 20.29. L'expression ἐφανέρωσεν ἑαυτόν, il se manifesta, est également conforme à la manière de Jean (φανέρωσον σεαυτόν, 7.4 ; ἐτάραξεν ἑαυτόν, 11.33) ; cette forme fait ressortir la volonté consciente et libre avec laquelle Jésus sort de la sphère de l'invisibilité pour se manifester lui-même. Jusque-là, visible, il avait manifesté sa gloire ; maintenant il manifeste sa personne. - Le terme mer de Tibériade est dans le N. T. une dénomination purement johannique (6.1). Les synoptiques disent mer de Galilée (Matthieu 4.18) ou lac de Génézareth (Luc 5.1). L'A. T. ne connaît ni l'une, ni l'autre de ces expressions. Josèphe les emploie toutes deux. - La proposition : Et voici comment… n'est pas oiseuse ; elle fait pressentir la solennité de la scène qui va suivre. - D'entre les sept personnages indiqués au v. 2, les cinq premiers seuls sont apôtres ; les deux derniers appartiennent au nombre des disciples, dans le sens large qui est si souvent celui de ce mot dans notre évangile (6.60 ; 7.3 ; 8.31, etc.). S'il en était autrement, pourquoi ne seraient-ils pas nommément désignés aussi bien que les précédents ? Hengstenberg affirme que « chacun devait comprendre que c'étaient André et Philippe » ( !) [Cette hypothèse, déjà avancée par d'anciens théologiens, comme J. Gerhard et J. Lightfoot, a été soutenue en dernier lieu par Haussleiter (Zwei apostol. Zeugen fur das Johannesevang., 1904), qui, du fait que les deux disciples ne sont pas nommés, conclut qu'ils sont eux-mêmes les auteurs de l'appendice (ch. 21). André y poursuit spécialement le but de réhabiliter son frère Pierre. C'est lui qui, à l'attestation faite en commun avec Philippe au v. 24, ajoute pour son propre compte le v. 25. - Nous avons dit ci-dessus pourquoi ces deux disciples ne peuvent être des apôtres. Il peut être intéressant de noter que le texte de l'évangile que suivait Nonnus (auteur d'une paraphrase en vers de l'évangile de Jean, vers 400), mentionnait ici, comme le fait aussi l'évangile de Pierre, André à côté de Pierre.]. - Les fils de Zébédée occupent donc la dernière place parmi les apôtres proprement dits. Ce fait est significatif ; car dans toutes les listes apostoliques, ils sont constamment joints à Pierre et placés avec lui au premier rang. La seule raison qui explique cette circonstance, c'est que l'auteur de ce récit, sous sa forme orale ou écrite, était lui-même l'un des deux fils de Zébédée. On a objecté que Jean ne se nommait jamais, ni lui, ni son frère. Mais il ne le fait pas non plus ici ; il se désigne seulement, parce qu'il devait indiquer sa présence en vue de la scène suivante (v. 7 et surtout v. 22). - Sur Thomas Didyme, voir à 11.16. - L'explication : de Cana en Galilée, n'avait pas été donnée au ch. 1. L'auteur répare ici cette omission. - Les deux disciples non nommés ne seraient-ils point cet Aristion et ce presbytre Jean, dont parle Papias comme d'anciens disciples du Seigneur (μαθηταὶ τοῦ κυριου) et qui vivaient à Ephèse au moment où Jean écrivait et y avaient presque le rang d'apôtres[1] ?
Notes
[1] Encore un petit échantillon du genre de Reuss : Faisant allusion à cette hypothèse, que nous avons expressément donnée pour telle, il dit : « Quant aux deux disciples, il faudra s'adresser aux commentateurs qui savent tout. »