Dans l'expression μία τῶν σαββάτων, on peut donner au mot σάββατα le sens de sabbat : « le premier jour (μία) à partir du sabbat. » Mais Luc 18.12 prouve que σάββατον ou σάββατα signifie aussi la semaine entière, en tant que formant l'espace entre deux sabbats : il vaut donc mieux expliquer μία : le premier [d'entre les jours] de la semaine. - Le nom de Μαγδαληνή (Madeleine) vient de celui de la bourgade de Magdala, probablement El-Megdjil, à deux lieues au nord de Tibériade sur les bords du lac de Génézareth. Plus était grande la délivrance que Marie-Madeleine devait à Jésus (Luc 8.2 ; Marc 16.9), plus ardente était sa reconnaissance, plus vif son attachement à sa personne. Jean ne parle pas de l'intention qui l'amenait au sépulcre, mais elle est indiquée par les synoptiques ; c'était d'embaumer le corps du Seigneur. Venait-elle seule ? Cela est en soi peu probable, à une heure aussi matinale. Les synoptiques nous apprennent qu'elle avait des compagnes qui venaient avec la même intention qu'elle. C'étaient Marie, mère de Jacques, Salomé, Jeanne et plusieurs autres, venues avec Jésus de Galilée (Matthieu 28.1 ; Marc 16.1 ; Luc 24.10). Il y a chez Jean lui-même un mot qui fait comprendre qu'elle n'était pas venue seule. C'est le pluriel οἴδαμεν, nous savons ; car, quoi qu'en dise Meyer, il est impossible d'entendre par ce nous : Moi, Marie, et vous, les disciples ( !). Si Marie est seule mentionnée, c'est en raison du rôle qu'elle joue dans la scène suivante. Meyer objecte le οὐκ οἶδα, je ne sais, du v. 13. Mais ce contraste est précisément ce qui le réfute. Là, elle est seule avec les anges et ne parle naturellement qu'en son propre nom, comme elle dit aussi : mon Seigneur, et non plus : le Seigneur (v. 2) - Ces femmes ou quelques-unes d'entre elles venaient ensemble. Mais aussitôt qu'elles eurent aperçu de loin le tombeau ouvert, Marie-Madeleine, emportée par sa vivacité d'impression, se hâte d'aller avertir les disciples, tandis que ses compagnes vont jusqu'au sépulcre. Il y a une légère différence chronologique entre Jean, Matthieu, Luc qui disent : « comme il faisait obscur, » ou : « Au point du jour, » et Marc qui dit : « Le Soleil étant levé, ». Peut-être y a-t-il eu successivement plusieurs groupes de femmes que chaque évangéliste réunit en un seul. De là cette petite différence quant au moment de l'arrivée. Ce fut pendant l'absence de Marie que ses compagnes reçurent le message de l'ange, rapporté par les trois synoptiques. - Matthieu 28.9-10 raconte qu'à leur retour du sépulcre ces femmes eurent une apparition de Jésus. Mais le récit Marc 16.8 et surtout la parole des deux disciples d'Emmaüs, Luc 24.22-23 : « Elles ont eu une apparition d'anges disant qu'il est vivant, » sont incompatibles avec ce fait. Cette apparition aux femmes n'est donc pas autre que l'apparition à Marie-Madeleine (qui va suivre chez Jean) généralisée. Tous les détails de l'apparition coïncident. Le premier évangile applique au groupe entier ce qui s'est passé pour l'un de ses membres. Comme Marie-Madeleine n'a vu le Seigneur qu'après que les autres femmes étaient retournées à la ville, on comprend que les deux disciples d'Emmaüs aient pu partir de Jérusalem sans avoir entendu parler d'aucune apparition de Jésus. (Luc 24.24). Il n'y a donc eu en réalité d'autres apparitions le matin de ce jour que celle des anges aux femmes, puis à Marie-Madeleine, et enfin celle de Jésus à cette dernière. Il n'y a pas là de quoi jeter contre nos récits les hauts cris que pousse la critique (Keim, III, p. 530).
La répétition de la préposition πρός, chez, v. 2, fait penser que les deux disciples avaient des domiciles différents, ce qui est naturel, si Jean habitait avec sa mère et avec Marie, mère de Jésus. - Le terme ἐφίλει, aimait, a quelque chose de plus familier que ἠγάπα, il est sans doute employé ici parce qu'il s'agit d'une simple indication de fait, sans accent particulier, Jésus lui-même étant absent. - L'imparfait ἤρχοντο, ils venaient, se rendaient, fait tableau ; comparez 4.30. Cet imparfait de durée reflète le sentiment d'indicible attente qui faisait battre le cœur des disciples durant cette course.