Le pronom ταῦτα ne peut porter sur le ἵνα qui suit : « Je vous commande ceci, que vous vous aimiez. » Car le pluriel prouve que cette expression comprend toutes les instructions et recommandations précédentes, depuis 15.1, particulièrement les paroles v. 12-16. Le ἵνα doit donc se traduire par afin que ; il indique, conformément à l'idée du v. 12 le but de ces injonctions. - Cette œuvre est toute amour : amour dans son origine première, l'amour du Père : amour dans sa grande manifestation, l'amour de Christ : amour enfin dans son terme, le plein épanouissement de l'amour mutuel entre les fidèles. L'amour en est la racine, le tronc et le fruit. C'est là le caractère essentiel du royaume nouveau, dont la puissance et les conquêtes ne sont dues qu'à la contagion de l'amour. C'est pourquoi Jésus ne laisse pas d'autre loi que celle de l'amour à ceux qui, par la foi, sont devenus membres de son corps.
Luthardt fait observer que, dans les dix-sept premiers versets de ce chapitre, il ne se rencontre pas une seule particule de liaison. Ce long asyndeton a une solennité particulière. C'est ici la dernière volonté de Jésus parlant aux siens (voir à 17.24). - Un pareil style ne saurait appartenir à un auteur grec ; cette parole est sortie d'une pensée hébraïque.
2o) 15.18 à 16.4
En face de ce corps spirituel dont il vient de décrire la vie intime et l'activité extérieure, Jésus voit se dresser une société hostile, qui a aussi son principe d'unité, la haine de Christ et de Dieu : le monde, l'humanité naturelle, qui déclarera la guerre à l'Eglise et qui est représentée en ce moment par le peuple juif. Jésus trace un premier tableau de sa haine contre les croyants, versets 18 à 23. Puis, après avoir indiqué en passant, comme pour rassurer les disciples, le secours qui leur sera accordé, il reproduit, avec des couleurs plus vives encore, la description de l'hostilité du monde v. 26 à 16.4.