Vers. 21 note. Les deux sœurs expriment les mêmes douloureux regrets. Il est probable qu'avant l'arrivée de Jésus elles s'étaient communiqué cette pensée : qui les hantait dans leur affliction.
Leur exclamation, qui paraît identique dans la traduction française, présente en grec une double nuance :
1° Marthe (verset 21) dit, d'après le texte reçu (A, majuscules) : "il ne serait pas, en ce moment, à l'état de mort ;" Marie : (verset 32) "il n'aurait pas accompli l'acte de mourir."
2° Le pronom possessif mon frère est placé en tête de toute la phrase dans la parole de Marie ; il ne vient qu'à la fin dans celle de Marthe.
La douleur de Marie est plus personnelle plus égoïste, plus désespérée aussi. La différence entre leurs deux caractères se montre du reste dans leur attitude. Marie, tout entière à sa douleur, ne peut que se laisser tomber aux pieds de Jésus et laisser couler ses larmes sur la mort de son frère, (verset 32) sans ajouter, comme l'avait fait Marthe, (verset 22) aucune parole d'espérance.
Si l'on compare ce tableau avec celui que nous a retracé ; Luc (Luc 10.38 et suivants) et Jean lui-même, (Jean 12.1 et suivants) on est frappé de la vérité intime qui se révèle dans la peinture de ces caractères, ils sont évidemment pris dans la vie.
- En présence d'un tel accablement, Jésus ne prononce aucune parole de consolation. Sa profonde sympathie (versets 33-35) et son action divine seront seules assez puissantes pour relever cette âme défaillante.