Les mots ταῦτα εἶπε, il parla ainsi, et…, ne sont point superflus. Ils signifient que cette maxime générale qu'il venait d'énoncer il l'appliqua sur-le-champ au cas actuel. Weiss prétend à tort que cette application ne se trouve point dans ce qui suit. Elle est dans les mots : Je vais le réveiller. - L'épithète notre ami, fait appel à leur affection pour Lazare, tout comme l'expression : celui que tu aimes, au v. 3, avait fait appel à sa propre amitié pour lui. - Quelques interprètes ont cru que ce fut en ce moment que, soit par un nouveau message (Néander), soit par sa connaissance prophétique (Weiss), Jésus apprit lui-même la mort de Lazare. Mais la promesse du v. 4 nous a prouvé qu'il avait connu cette circonstance, d'une manière surnaturelle, dès le moment où le message des deux sœurs avait attiré son attention sur l'état de son ami. - Jésus aime à présenter la mort sous l'image du sommeil, image qui en fait une phase de la vie.
Strauss a trouvé inconcevable le malentendu des disciples au v. 12. Reuss l'appelle « une méprise qui a tout juste la valeur de celle de Nicodème. » Il ajoute : « Les hommes ne dorment pas ordinairement plusieurs jours de suite. » Mais après avoir entendu la parole du v. 4 il était naturel que les disciples ne crussent plus à la possibilité de la mort du malade. Ils pouvaient donc penser que ce sommeil dont leur parlait Jésus était la crise de convalescence, et qu'il voulait en tirer le malade en le réveillant guéri. Il est bien évident que, dans leur désir extrême de ne point se rendre en Judée, ils cherchent, tant bien que mal, un prétexte pour détourner Jésus du départ. Dans cette situation, qu'y a-t-il d'invraisemblable dans leur réponse ? - Le mot σωθήσεται signifie ici : se guérira de lui-même sans ta participation. - Le terme général κοίμησις (sommeil, v. 13) est tiré du κεκοίμηται (v. 11). et doit être déterminé ici par un complément spécial (τοῦ ὕπνου).