Jésus décrit ici les privilèges attachés à ce revoir spirituel, source pour eux de la joie promise v. 22. Ce seront : une pleine connaissance (v. 23a) et une pleine puissance(v. 23b). Dans la première proposition l'accent est sur ἐμέ, moi (forme accentuée) ; ils n'auront plus besoin de lui demander, à lui visiblement présent, comme ils avaient l'intention de le faire en ce moment même (v. 19), ce qui leur paraîtra obscur et mystérieux. Ayant en eux le Paraclet, ils pourront tout demander librement et directement au Père (comparez 14.12-14). La leçon de A : ὅν τι ἄν, tout ce que, pourrait bien être la vraie. Après avoir changé ce ὁ, τι en ὅτι, parce que, on dut ajouter comme objet l'un des pronoms ὅ ou ὅσα ; puis le ὅτι fut omis comme inutile (Meyer). Weiss préfère avec Tischendorf le ἄν τι du Vaticanus, qui aurait été modifié à la suite de l'introduction du ὅτι récitatif. Dans tous les cas, le sens est le même. Il est bien évident qu'un changement, dans leur rapport à Dieu et à Christ, aussi considérable que celui qui est ici promis aux apôtres, n'a pu résulter des apparitions du Ressuscité. Weiss s'efforce en vain de maintenir cette application. Actes 1.6 prouve bien qu'après la résurrection les disciples n'ont pas cessé d'interroger personnellement Jésus lorsqu'ils l'ont revu. Aussi Weiss donne-t-il ici à ἐρωτᾶν non le sens ordinaire d'interroger, mais celui de demander une chose, qu'il a certainement quelquefois (4.31,40,47 ; 14.16, etc.) : interroger (pour savoir) si l'on veut donner). Mais pourquoi dans ce cas employer deux verbes différents (ἐρωτᾶν et αἰτεῖν) pour dire la même chose ? Le sens proposé est du reste exclu par la relation de notre verset avec v. 19 et 30. Le mot ἐρωτᾶν conserve donc le sens d'interroger (demander une lumière), et αἰτεῖν le sens plus général de prier, demander un don ou un secours. Jésus veut dire : « Vous ne m'adresserez plus vos questions comme quand j'étais visiblement avec vous ; et en général je vous déclare que, de quoi que vous puissiez avoir besoin, en vertu de la communion désormais établie par le Saint-Esprit entre vous et lui (votre Père), vous pourrez vous adresser directement à Lui. » - Le régime en mon, nom porterait, d'après le T. R., qui a pour lui plusieurs Mjj. et les anciennes Vss., sur le mot demander ; c'est à quoi conduit aussi le v. 24. Mais cette leçon peut provenir des parallèles v. 24 ; 14.13, et du verset suivant. L'on doit, avec le Vatic le Sinaït.., etc., placer ces mots à la fin du verset, en les rapportant au verbe donner. C'est sur le fondement de la révélation que Dieu a donnée de Jésus aux fidèles et de la connaissance qu'ils ont reçue de lui, qu'il leur accordera et les dons et les secours ainsi promis. Comparez 14.26.
Mais comme cette pleine révélation de Jésus ne s'opère dans leur cœur que par l'Esprit seul (14.17-23), il résulte de là que jusqu'à la Pentecôte les disciples n'auraient pu prier réellement au nom de Jésus. Il n'y a donc pas de reproches dans ces mots : « Jusqu'ici vous n'avez pas encore prié en mon nom, » comme si Jésus voulait dire qu'ils avaient manqué de foi ou de zèle ; c'est simplement l'indication vraie de leur état moral jusqu'à la révélation intérieure que l'Esprit opérera en eux. Dès ce moment, ils prieront comme ils n'avaient pu le faire auparavant. Par l'impératif présent : demandez (αἰτεῖτε), Jésus se transporte à ce grand jour annoncé. La joie parfaite et durable remplacera alors la douleur extrême d'un moment. - Cependant Jésus sent combien tout cela doit leur rester obscur. Il le reconnaît et les renvoie à ce jour-là même qu'il vient de leur promettre, où tout s'éclaircira définitivement pour eux.