L'asyndeton entre v. 13 et 14 prouve que Jésus ne fait, dans le v. 14, que reproduire sous une forme nouvelle et plus énergique la pensée des v. 12 et 13. L'œuvre de l'Esprit introduisant les apôtres dans la vérité ne sera que la glorification croissante de Jésus dans leur cœur. Après que le Père aura élevé personnellement Christ dans la gloire, le Saint-Esprit fera rayonner d'en-haut sa céleste image dans le cœur des disciples et, par eux, dans celui de tous les croyants. Il y a ici un mystérieux échange et comme une rivalité de divine humilité : le Fils ne travaille qu'à glorifier le Père, et l'Esprit ne veut que glorifier le Fils. Christ, sa parole et son œuvre, voilà le texte unique que l'Esprit commentera dans l'âme des disciples. Il fera, d'un même acte, croître les disciples dans la vérité et grandir Jésus en eux. Pour l'intelligence de ce mot glorifier, comparez l'expérience admirablement décrite par saint Paul 2 Corinthiens 3.17-18 et 4.6.
En désignant le fonds auquel puisera l'Esprit comme ce qui est à moi, Jésus semble contredire ce qu'il a dit au v. 13 ; du moins si l'on sous-entend : « de la part du Père, » après aura entendu Jésus donne l'explication de cette contradiction apparente v. 18 par ces mots : « Tout ce que le Père a est à moi. » Le trésor du Père lui est commun avec le Fils Cette parole révèle comme aucune autre la conscience que Christ avait de la grandeur de son apparition. Le fait chrétien est la mesure du divin pour l'humanité. Rien d'essentiellement chrétien qui ne soit divin : rien de divin qui ne vienne se concentrer et se réaliser dans le fait chrétien. - « C'est pourquoi j'ai dit » signifie ici : « C'est pourquoi j'ai pu dire. » Le présent, prend est mieux documenté (v. 15) que le futur prendra, et il est mieux en rapport avec les présents, a, est ; le futur est une correction d'après le v. 14. Il prend : c'est le présent de l'idée désignant la fonction permanente. Après le présent prend, le futur annoncera signifie : « et, après avoir pris, il annoncera dans chaque cas particulier. » Westcott fait remarquer les trois : et il vous annoncera (v. 13,14,15), qui forment comme un refrain consolant. Ainsi, pas un souffle réel de l'Esprit qui ne soit au service de la personne du Christ historique. Aussi saint Paul fait-il de ce cri d'adoration : « Jésus Seigneur ! » le critère de toute opération véritable de l'Esprit divin (1 Corinthiens 12.3) ; comparez aussi 1 Jean 4.3. Si l'on se rappelle comment glorifier la créature constitue dans les Ecritures le crime capital, on comprendra ce qu'impliquent de telles paroles relativement à la personne du Christ.
Tous ces discours, et en particulier ce masculin ἐκεῖνος, celui-là, v. 14, reposent sur l'idée de la personnalité du Saint-Esprit. Comme le dit Weiss à l'occasion de 15.26 : « L'Esprit est conçu comme une apparition personnelle pareille à celle de Christ lui-même. »
III. Le dernier adieu.
De ces perspectives lointaines qu'il vient d'ouvrir aux disciples sur leur tâche future (15.1 à 16.15), Jésus revient à la grande préoccupation du moment présent, celle de son départ imminent. Cela est naturel ; c'est ainsi qu'il doit terminer. En même temps, la forme d'entretien reparaît, ce qui n'est pas moins dans la nature des choses.