Jésus commence par assigner à l'enseignement de l'Esprit une place à la suite du sien. En cet instant même il venait de dire à ses disciples tant de choses qu'ils ne pouvaient comprendre qu'à demi ! Au point de vue de la confiance, il ne leur avait rien caché (15.15) ; mais, eu égard à leur incapacité spirituelle, il avait gardé pour lui bien des révélations réservées à un enseignement ultérieur. Cette révélation subséquente portera d'abord sur le contenu même de l'enseignement de Jésus, qu'elle fera mieux comprendre (14.25-26) ; puis sur divers points que Jésus n'avait pas touchés encore : par exemple la rédemption par la mort du Messie, le rapport de la grâce à la loi, la conversion des païens sans condition légale, la conversion finale des Juifs présentement incrédules, les destinées de l'Eglise jusqu'à sa consommation, en un mot le contenu des épîtres et de l'Apocalypse pour autant qu'il dépasse celui de l'enseignement de Jésus.
L'Esprit est présenté au v. 13, par le terme ὁδηγεῖν, montrer le chemin, sous l'image d'un guide qui introduit un voyageur dans une contrée inconnue. Cette contrée, c'est la vérité, la vérité essentielle dont a parlé Jésus, celle du salut, et cette vérité, c'est lui-même (14.6). Ce domaine de la nouvelle création, que Jésus n'a pu que leur montrer du dehors, sous la forme objective, l'Esprit le leur dévoilera en les y faisant entrer eux-mêmes par une expérience personnelle. - Les deux leçons εἰς et ἐν conviennent au verbe ὁδηγεῖν ; d'après la seconde, les disciples sont censés être déjà dans le domaine où l'Esprit les conduit et les fait avancer. - Le mot toute relève le contraste avec l'enseignement incomplet de Jésus.
L'infaillibilité de ce guide provient de la même cause que celle de Jésus lui-même (7.17-18) : l'absence de toute productivité propre et par conséquent maladive. Toutes les révélations de l'Esprit seront puisées dans le plan divin réalisé en Jésus. Satan est menteur précisément parce qu'il parle d'après une tout autre méthode, tirant ce qu'il dit de son propre fonds (8.44). Le terme ὅσα ἄν, toutes les choses que, fait penser à une série d'actes momentanés. Chaque fois que l'apôtre aura besoin de sagesse, l'Esprit lui communiquera de la vérité objective ce qui sera approprié au moment donné. - Qu'on lise le futur avec le Vatic., ou le présent avec le Sinaït., ou l'aoriste conjectural avec le T. R., le verbe entendre doit dans tous les cas être complété par cette idée : de Dieu sur Christ (15.26). Il s'agit évidemment de l'enseignement de choses non encore entendues sur la terre (v. 12), par conséquent de la révélation spéciale accordée aux apôtres, distincte de celle que reçoit chaque chrétien par le moyen de la leur. Celle-là a un caractère primordial, tandis que celle-ci est une simple reproduction intérieure des lumières renfermées dans l'enseignement apostolique, oral d'abord, puis écrit. Elle n'est donc comprise qu'indirectement dans cette promesse. L'expression « toute la vérité » renferme cette pensée que, pendant l'économie présente, aucun enseignement nouveau sur le Christ ne viendra s'ajouter à celui des apôtres. - A cet enseignement de l'Esprit appartient, comme élément particulièrement important, la révélation des destinées de l'Eglise, des choses à venir. Καί, et même. Comme Jésus n'est pas seulement le Christ venu, mais aussi le Christ venant (ὁ ἐρχόμενος, Apocalypse 1.4), ces choses à venir (ἐρχόμενα) sont encore renfermées dans sa personne. La parole 14.26 donnait la formule de l'inspiration de nos évangiles ; le v. 13 donne celle de l'inspiration des épîtres et de l'Apocalypse.