Pour un sarment, rester uni au cep est la condition de la vie, par conséquent sa seule loi. Toutes les conditions de fécondité sont comprises dans celle-là. L'impératif prouve qu'on demeure dans cette relation comme on y entre, librement, par l'usage fidèle des moyens divinement offerts. Le v. 7 montrera que le moyen fondamental est la parole de Jésus. - Ἐν ἐμοὶ μένειν, demeurer en moi, exprime l'acte constant par lequel le chrétien écarte tout ce qu'il pourrait tirer de sa sagesse, de sa force, de son mérite propres, pour puiser tout en Christ, sous ces différents rapports, par l'aspiration profonde de la foi. Cette condition est tellement la seule posée à l'action de la force de Christ en lui, que Jésus supprime dans la proposition suivante le verbe, quoiqu'il dût être proprement à une autre personne et à un autre temps (je demeurerai), comme pour faire sentir que cet acte de sa part est une conséquence immédiate et nécessaire de l'acte réclamé du fidèle ; où celui-ci s'accomplit, celui-là ne peut manquer de se réaliser. De cette manière, l'action de Christ est mise hardiment sous l'empire de notre liberté, non moins que la nôtre propre. C'est naturellement de ce second fait (moi en vous), dont le premier (vous en moi) n'est que la condition, que dépend directement la fécondité du sarment.
De là la fin du v. 4 ; le devoir imposé au fidèle résulte de l'infécondité immédiate dont sa séparation d'avec le cep le frapperait, comme le sarment. Ici, comme 5.19, ἐὰν μή est une explication du ἀφ’ ἑαυτοῦ et non une restriction apportée à toute l'idée précédente : « par lui-même, c'est-à-dire, s'il ne demeure… » - Le thème ici formulé n'est pas celui de l'impuissance morale de l'homme naturel pour tout bien ; c'est celui de l'infécondité du croyant laissé à sa force propre, quand il s'agit de produire ou d'avancer la vie spirituelle, la vie de Dieu, en lui ou chez les autres.
Après avoir décrit la position nouvelle et la loi qui en découle, Jésus expose dans les versets suivants, 5 à 8, la sanction de cette loi de vie et de mort qu'il vient d'énoncer. Et d'abord, au v. 5, les effets glorieux qu'obtiendra le sarment fécond et le résultat inverse de l'infidélité.