Au v. 14, l'accent est, non sur la condition : Si vous faites… mais sur l'affirmation : Vous êtes mes amis ; Jésus veut dire : « Ce n'est pas sans motif que je viens de dire : pour ses amis (v. 13), car c'est bien là la relation que j'ai contractée avec vous et qui se maintiendra si vous vous montrez obéissants et fidèles. » Quoi de plus touchant qu'un maître qui, trouvant un serviteur réellement fidèle, lui donne dans la maison le rang et le titre d'ami !
Le v. 15 sert à prouver la réalité de cette position d'amis qu'il leur a faite. Il leur a témoigné une confiance illimitée en les initiant sans réserve aux communications que lui faisait son Père relativement à la grande œuvre à laquelle il les avait appelés à travailler avec lui. Le maître emploie son esclave sans lui expliquer ce qu'il entend faire. Jésus leur a communiqué toute la pensée de Dieu à l'égard du salut auquel ils doivent coopérer. Sans doute, il reste encore bien des choses à leur apprendre (16.12). Mais, s'il ne les leur a pas encore révélées, ce n'est pas par un manque de confiance et d'amour ; c'est pour ménager leur faiblesse et parce qu'un autre pourra seul s'acquitter de cette tâche. On a objecté contre ce οὐκετι (« je ne vous appelle plus ») cette allocution : mes amis, Luc 12.4, très antérieure au moment présent ; comme si la tendance à faire d'eux ses amis n'avait pas existé chez lui dès le commencement et n'avait pas dû se manifester déjà en certaines occasions ! On a objecté encore que les apôtres continuent à s'appeler eux-mêmes serviteurs de Jésus-Christ ; comme si, lorsqu'il plaît au maître de faire du serviteur son ami, celui-ci n'était pas d'autant plus tenu de se rappeler et de rappeler aux autres sa condition naturelle !