Pierre voulait suivre immédiatement Jésus cette demande ayant été repoussée, Thomas veut au moins comprendre clairement ce qui se passe, où se rend Jésus et par où, d'autant plus que les disciples doivent le suivre un jour. Jusqu'ici ce départ de Jésus ne lui présente qu'obscurité. But et chemin, tout se perd pour lui dans le vide. Jésus dans sa réponse s'attache surtout à l'idée du chemin, tout en rappelant clairement le but dans la second partie du verset. Il résulte de la relation de cette parole avec la question de Thomas que l'idée dominante, dans les trois termes suivants, est celle de chemin, et que les deux autres doivent servir à l'expliquer. Il est clair aussi par la seconde partie du verset que le chemin dont il s'agit est celui qui conduit au Père et à sa maison, et non pas le chemin par où l'on peut parvenir à la vérité et à la vie, comme le pensait Reuss précédemment. L'expression figurée de chemin est donc expliquée sans image par les deux termes : vérité et vie. La vérité, c'est Dieu révélé dans son essence, c'est-à-dire dans sa sainteté et dans son amour (v. 9). La vie, c'est Dieu communiqué à l'âme en lui apportant une sainte force et une parfaite béatitude (v. 23). Et comme c'est en Jésus que s'opèrent cette révélation et cette communication de Dieu à l'âme, c'est par Jésus aussi que l'âme vient au Père et obtient l'entrée de la maison paternelle. Les trois termes, chemin, vérité et vie, ne sont donc pas coordonnés (Luther, Calvin : commencement, milieu, fin) ; ils n'expriment pas non plus une seule notion : vera via vitæ (Augustin) ; Jésus veut dire : Je suis le moyen d'arriver au Père (le chemin), en ce que je suis la vérité et la vie. - Reuss observe avec justesse sur le mot : je suis, que cette expression exclut tout autre moyen parallèle à celui-là. Gess : « Un homme peut tout au plus montrer aux autres le bon chemin ; il ne saurait être ni le chemin, ni la vérité, ni la vie. » - Dans la proposition suivante, les mots : au Père, expriment un but plus rapproché que l'expression figurée du v. 2. Il s'agit ici de la communion avec le Père dès ici-bas, qui est la condition de la communion avec lui dans le ciel (sa maison).