On pourrait essayer de rattacher ces paroles aux précédentes ; car c'est par le don du Saint-Esprit, dont il va être de nouveau parlé, que s'accomplira la grande promesse des v. 22-24 Mais le parfait λελάληκα, je vous ai dit, annonce plutôt une conclusion : l'entretien touche à son terme et revient maintenant à son point de départ. Le v. 25 ne doit donc pas être lié au v. 24 : il rappelle le contenu du discours tout entier. Ce que Jésus vient de dire aux disciples de la réunion future, là-haut (v. 1-3) et ici-bas (v. 12-24), est tout ce qu'il peut leur révéler là-dessus pour le moment. Que si cet avenir est encore pour eux enveloppé d'obscurité, l'enseignement d'un autre maître dissipera ces brouillards et leur expliquera toutes ses promesses en les réalisant. Ταῦτα, ces choses, en tête, par opposition à πάντα, toutes choses (v. 26) : « C'est ce que je puis vous dire maintenant ; un autre plus tard vous dira le tout. » - L'épithète de saint donnée à l'Esprit, v. 26, rappelle la ligne de démarcation si profonde que Jésus vient de tracer, v. 17 et 24, entre le monde profane et les disciples déjà sanctifiés par leur attachement à Jésus. Comme saint, l'Esprit ne peut venir habiter que chez ces derniers. - L'expression : en mon nom, doit s'expliquer comme au v. 14, avec cette différence qu'elle porte ici sur un acte de Dieu (enverra), et non plus sur le fait humain de la prière (demandera). Pour Dieu, c'est envoyer en vertu de la révélation parfaite qu'il a donnée de la personne et de l'œuvre de son Fils ; tandis que pour l'homme, c'est demander en vertu de la possession plus ou moins imparfaite qu'il a reçue de cette révélation. Weiss, désespérant de trouver aucun sens satisfaisant à ce mot en mon nom, si on le fait porter sur l'acte d'envoyer, l'applique à l'objet de l'envoi : Dieu enverra le Saint-Esprit pour être à la place de Christ, comme son substitut auprès des fidèles. Mais l'Esprit n'est pas le substitut de Christ ; celui-ci revient lui-même en lui ; puis la relation grammaticale du régime en mon nom avec le verbe envoyer n'autorise pas ce sens. - Le pronom ἐκεῖνος, lui, lui seul, relève fortement la personne de ce nouveau docteur qui dira tout, en opposition à la personne terrestre de Jésus qui va leur être enlevée (v. 25). L'Esprit fera deux choses : enseigner tout ; remettre en mémoire tout ce que Jésus a enseigné. Ces deux fonctions sont étroitement liées : il enseignera le nouveau en rappelant l'ancien et rappellera l'ancien en enseignant le nouveau. Les paroles de Jésus, dont l'Esprit réveillera en eux le souvenir, seront la matière d'où il tirera l'enseignement de la vérité complète, le germe qu'il fécondera dans leur cœur, comme, en retour cette activité intérieure de l'Esprit rappellera sans cesse à leur mémoire quelque ancienne parole de Jésus, de telle sorte qu'à mesure qu'il les illuminera, ils s'écrieront : Maintenant je comprends ce mot du Maître ! Cette vive clarté fera sortir de l'ombre d'autres paroles longtemps oubliées. Tel est aujourd'hui encore, le rapport entre l'enseignement de la Parole écrite et celui de l'Esprit. - Καί : et spécialement. - Naturellement le premier πάντα, tout, n'embrasse que les choses de la nouvelle création accomplie en Jésus-Christ, le plan et l'œuvre du salut. La première création, la nature, n'est pas l'objet de la révélation du Saint-Esprit ; c'est celui de l'étude scientifique.