De nouveau une scission parmi les assistants, et plus profonde que dans toutes les occasions précédentes ; car elle pénètre jusque dans le sein même du parti juif. Il est impossible en effet, de faire rentrer les quelques-uns, dont parle le v. 46 dans la classe des πολλοί, un grand nombre, du v. 43 et de leur prêter en conséquence une intention bienveillante dans la démarche qu'ils font auprès des ennemis de Jésus, ainsi que le pensait Origène. Il y a antithèse entre les deux sujets : un grand nombre et quelques-uns, comme entre les deux verbes : crurent (v. 43) et s'en allèrent (v. 46). Seulement il faut bien remarquer que les premiers (les πολλοί du v. 45) ne sont pas seulement une partie des visiteurs de Marthe et de Marie, mais les comprennent tous ; c'est ce qu'indiquent les participes au nominatif avec l'article οἱ : Ceux qui étaient venus et qui avaient vu. Dans le cas contraire, les participes devraient être au génitif : un grand nombre de ceux qui étaient venus et qui avaient vu. Les quelques-uns du v. 46 sont donc d'autres Juifs (ἐξ αὐτῶν se rapporte au mot Ἰουδαίων seul) qui n'étaient pas venus : soit des habitants de Béthanie, soit d'autres Juifs qui se trouvaient là par hasard. - Pourquoi vers Marie, et non vers Marie et Marthe ? Serait-elle nommée ici comme la plus connue (Weiss) ou comme la plus affligée (Luthardt, Keil) ? L'une et l'autre explication sont très peu naturelles. Elle est nommée parce que c'était auprès d'elle que les Juifs venus se trouvaient quand ils s'étaient rendus au sépulcre et avec elle qu'ils avaient été témoins du miracle (comparez v. 31 et 33).
2o L'effet plus éloigné de la résurrection de Lazare : versets 47 à 53.