La voix forte est l'expression d'une volonté décidée et qui a le sentiment de sa souveraineté. Comme on tire un homme du sommeil en l'appelant par son nom, ainsi Jésus retire Lazare de la mort, qui n'est qu'un sommeil plus profond (v. 11-12), en l'appelant avec force. « Sans doute, ces signes extérieurs ne sont, comme le dit Hengstenberg, que pour les personnes présentes ; la puissance de ressusciter réside, non dans la voix, mais dans la volonté qui s'exprime par elle ; » nous dirons plutôt : dans la force de Dieu dont Jésus dispose en vertu de l'exaucement de sa prière. - En parlant à la fille de Jaïrus et au jeune homme de Nain, il disait simplement : Lève-toi, ou : Réveille-toi, parce qu'ils étaient couchés sur le lit ou sur la bière ; il dit ici : Sors, parce que Lazare est enfermé dans le sépulcre. La simplicité et la brièveté de ces deux mots : δεῦρο ἔξω (littéralement : Ici, dehors !), contrastent magnifiquement avec leur efficacité. Comment Weiss peut-il prétendre que la voix de Jésus ne fait que rappeler à la lumière Lazare, que Dieu a ressuscité ? La parole 5.26,28-29 ne nous montre-t-elle pas la force de Dieu agissant réellement par Jésus et Jésus ressuscitant lui-même les morts par cette force dont il est l'organe ?
L'acte de sortir, v. 44, ne présente pas de difficulté, soit que les bandes dont le linceul était entouré fussent suffisamment lâches pour permettre les mouvements, soit que chaque membre fût enveloppé à part, comme cela se pratiquait chez les Egyptiens. - Le trait : Son visage était enveloppé d'un suaire, est le coup de pinceau du témoin oculaire et rappelle l'impression ineffaçable produite sur les assistants par ce spectacle du vivant en costume de mort. Tandis qu'ils restent immobiles d'étonnement, Jésus, avec un sang-froid parfait et comme si rien d'extraordinaire ne s'était passé, les invite à mettre aussi la main à l'œuvre : « Chacun son office : j'ai ressuscité : à vous de délier. » L'ordre : Laissez-le aller, rappelle celui que donnait Jésus à Jaïrus et à sa femme après avoir ressuscité leur enfant. Rien ne trouble son calme après ces œuvres sans pareilles qu'il vient d'accomplir. - Le terme ὑπάγειν, s'en aller, a quelque chose de triomphant, tout comme l'ordre de Jésus à l'impotent guéri : Prends ton lit, et marche !
La résurrection de Lazare est le miracle de l'amitié, comme le prodige de Cana est celui de la piété filiale ; et cela, non pas seulement parce que l'affection de Jésus pour la famille de Béthanie en a été le principe, mais surtout parce que Jésus l'a opéré avec la conscience distincte qu'en ressuscitant son ami, il rendait plus certaine et accélérait sa propre mort (comparez v. 8-16 et v. 33-38). Le dévouement de l'amitié s'élève ici jusqu'à l'héroïsme. Jean l'avait compris. Cette pensée est l'âme de son récit ; elle ressort clairement dans le morceau suivant.
III. L'effet produit par ce miracle : v. 1 à 16.
1o Et d'abord, l'effet immédiat sur les assistants :